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Une rivière de fer fondu découverte à 3 000 km sous la surface de la Terre semble prendre de la vitesse

Crédits : Pixabay

Une rivière de fer fondu découverte à 3 000 km sous la surface de l’Alaska et de la Sibérie semble prendre de la vitesse et se diriger vers l’Europe. Une sorte de « jet-stream » qui permet aux chercheurs d’en apprendre davantage sur le noyau externe de la planète.

Une équipe de chercheurs annonce la découverte d’un « jet-stream » détecté dans le noyau externe de la Terre grâce aux satellites Swarm de l’Agence Spatiale européenne qui permettent la résolution d’images en rayon X très détaillées du noyau externe de la Terre. Une première, illustrée par une sorte de rivière de fer en fusion large de 420 km, se déplaçant à 3 000 km de profondeur sous l’Alaska et la Sibérie et qui semble aujourd’hui se diriger plus à l’Ouest, vers l’Europe.

Le noyau externe étant situé à 3 000 kilomètres de profondeur, les scientifiques ne pouvaient jusqu’alors l’étudier qu’en se basant sur le champ magnétique de la planète. Des recherches précédentes suggéraient que les changements dans le champ magnétique indiquaient que le fer dans la partie supérieure du noyau se déplaçait plus rapidement dans l’hémisphère nord, principalement en Alaska et en Sibérie. Mais les nouvelles données des satellites Swarm révèlent que ces changements sont provoqués par une sorte de jet-stream qui se déplace de plus en plus vite, à raison d’une cinquantaine de kilomètres par an. C’est trois fois plus que la vitesse des parties supérieures du noyau et des milliers de fois supérieur à la vitesse de déplacement des plaques tectoniques.

« Nous en savons plus sur le Soleil que le noyau de la Terre », explique Chris Finlay, de l’Université technique du Danemark. « La découverte de ce jet-stream permettra d’en apprendre davantage sur le fonctionnement interne de notre planète ». Nous savons en effet que le champ magnétique de la Terre est généré par le noyau interne, une masse solide d’environ les deux tiers de la taille de la Lune composée principalement de fer. Avec une température d’environ 5 400 °C, le noyau est presque aussi chaud que la surface du Soleil qui avoisine les 5 500 °C. Autour de ce noyau s’enroule ensuite le noyau externe de la Terre : une couche d’environ 2 000 km d’épaisseur composée principalement de fer liquide et de nickel.

Les différences de température, la pression et la composition de cette couche créent des mouvements et des tourbillons dans le métal liquide et en même temps que la rotation de la Terre, ils génèrent des courants électriques qui produisent à leur tour des champs magnétiques. En examinant les données satellitaires de la zone de noyau externe dans l’hémisphère nord, les chercheurs ont alors trouvé d’étranges « lobes » de flux magnétique sous l’Alaska et la Sibérie qui semblent donc se diriger vers l’Europe. À ce stade, on ne sait pas pourquoi le jet accélère, mais les chercheurs soupçonnent un processus naturel du cycle intérieur de la Terre en cours depuis des milliards d’années.

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