La rivalité animale pourrait créer de nouvelles espèces

espèces oiseaux mésange battre nourriture manger
Crédits : CathyDoi/iStock

Selon une étude récente, la rivalité entre certains animaux pourrait créer de nouvelles espèces. C’est notamment le cas chez les oiseaux comme le coucou, du fait de sa reproduction parasitaire.

La rivalité et les interactions entre certains animaux peuvent mener à la création de nouvelles espèces via un processus appelé spéciation. Le cas du coucou et sa stratégie de reproduction, connue sous le nom de parasitisme de couvée, est un excellent exemple pour illustrer ce concept.

Le cas du coucou

Le coucou est bien connu pour sa technique de reproduction parasitaire qui consiste à pondre ses oeufs dans le nid d’autres espèces d’oiseaux.

La femelle observe d’abord discrètement le nid d’un oiseau de taille similaire comme le rouge-gorge, la rousserolle ou la fauvette, puis choisit de déposer ses oeufs dans ce même nid, juste après la ponte. Il peut même arriver que le coucou retire un oeuf pour faire de la place au sien. Afin d’éviter de se faire démasquer, la femelle pond des oeufs dont l’aspect est similaire à celui de l’oiseau hôte.

Peu après l’éclosion, le jeune coucou a un instinct inné pour éjecter les autres poussins hors du nid, de sorte à bénéficier d’une source de nourriture généreuse nécessaire à une croissance rapide. Cette stratégie parasitaire image l’incroyable adaptation évolutive dont le coucou fait preuve pour éviter le coût énergétique lié à l’élevage de ses petits.

coucou asiatique oiseau espèce branche arbre
Espèce de coucou asiatique – Crédits : Bahadur Ali/iStock

Une reproduction parasitaire favorisant la spéciation

Le parasitisme de couvée du coucou est un phénomène naturel pouvant mener à  la spéciation par plusieurs biais.

Sélection des hôtes

La plupart des espèces de coucous ont su développer des adaptations pour imiter les œufs des espèces hôtes spécifiques comme les rouge-gorges, les rousserolles ou encore les fauvettes.

Coévolution

La supercherie du coucou ne fonctionne pas à tous les coups : l’espèce hôte reste capable, dans certaines circonstances, d’apprendre à reconnaître (et donc, à rejeter) ses œufs. Pour éviter de se faire démasquer, le coucou doit alors améliorer sa stratégie de camouflage, favorisant ainsi le phénomène de coévolution. Ce cycle peut alors induire des divergences génétiques et comportementales au sein des populations de coucous et de leurs hôtes.

Isolement reproductif

Plusieurs études scientifiques ont observé que les populations de coucous qui parasitent principalement les nids de rouge-gorges se distinguent d’un point de vue génétique et comportemental des populations qui déposent leurs oeufs dans les nids de rousserolles. Avec le temps, ces différences peuvent devenir suffisamment marquées pour que les deux populations ne se croisent plus, conduisant ainsi à la formation de nouvelles espèces.

Spéciation sympatrique

Enfin, la spécialisation sur différents hôtes peut conduire à une spéciation sympatrique où de nouvelles espèces se forment sans barrière géographique. Les différences en terme de comportements de parasitisme, de périodes de reproduction et de préférences d’habitat peuvent toutes contribuer à un isolement reproductif.

oiseau femelle nid nourrir petits oisillons poussins
Femelle appartenant à l’espèce Paruline CXettis nourrissant ses petits – Crédits : Wirestock/iStock