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Le risque d’extinction de l’humanité serait « sous-estimé »

Crédits : Cerchi / iStock

Selon une étude, le risque d’extinction de l’humanité est sous-exploré par les humains eux-mêmes. Les auteurs de ces travaux expliquent que les conséquences catastrophiques du dérèglement climatique ne sont pas assez prises au sérieux par bon nombre de scientifiques.

Un scénario pas assez étudié

Selon une étude de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni) publiée dans la revue PNAS le 1er août 2022, les conséquences du dérèglement climatique sont multiples et pourraient même inclure la fin de l’humanité. Cette supposition réside dans l’éventualité d’un scénario où le réchauffement climatique serait à l’origine d’une catastrophe apocalyptique. Or, bien que les probabilités qu’une fin de l’humanité se produise sont faibles, ce risque serait largement sous-estimé et sous-exploré. Les auteurs de cette étude vont plus loin en déclarant que « rester aveugle aux pires scénarios est une gestion des risques au mieux naïve, au pire mortellement insensée » et ils intiment l’humanité de se préparer à ce qu’ils nomment la « fin du jeu climatique ».

Il faut dire que depuis quelques années, les climatologues ont principalement étudié les impacts d’un réchauffement climatique de 1,5 à 2°C depuis les débuts de l’ère industrielle, c’est-à-dire vers 1850. Selon les conclusions, maintenir ces niveaux de température aura tout de même de lourdes conséquences économiques et environnementales, sans pour autant causer la fin de l’humanité.

Dans la présente étude, il est question d’un scénario existant, mais sous-exploré : une hausse des températures dépassant les 3°C d’ici 2100. Évidemment, une telle hausse engendrerait des conséquences bien plus désastreuses. Ce scénario, obtenu au moyen de modèles climatiques concerne pas moins de deux millions de personnes vivant dans les régions les plus densément peuplées, mais aussi les plus fragiles sur le plan politique.

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Crédits : Copernicus C3S.

Des effets combinés et d’entraînement désastreux

Les auteurs de l’étude expliquent également que le scénario concernerait deux puissances nucléaires ainsi que sept laboratoires de confinement maximum abritant les agents pathogènes les plus dangereux. Autrement dit, la hausse des températures n’est pas le seul problème en soi puisqu’il est aussi question d’effets combinés et d’entraînement désastreux. Parmi les conséquences pour les humains, citons la famine, la malnutrition, les guerres, les maladies ainsi que les conditions météorologiques extrêmes. Or, si l’intégralité de ces phénomènes est étudiée, ceux-ci le sont trop peu de manière conjointe.

Pour les chercheurs, il est important de se concentrer sur l’effet domino, à savoir lorsque l’augmentation des températures déclenche d’autres événements. Citons par exemple les forêts, qui deviennent émettrices de CO2, alors qu’elles sont connues pour absorber et stocker ce gaz à effet de serre.

Enfin, les auteurs ont également formulé une requête à destination du GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Cette demande concerne la rédaction d’un rapport spécial sur les conséquences des changements climatiques catastrophiques. L’objectif est de booster la recherche, mais aussi d’informer le public même s’il peut prendre peur.