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Richard Branson atteindra-t-il réellement l’espace ce dimanche ?

Une illustration du VSS Unity. Crédits : Virgin Galactic

Il y a quelques jours, Virgin Galactic annonçait que son fondateur, le milliardaire britannique Sir Richard Branson, tenterait de rejoindre l’espace le 11 juillet avec son équipage, soit neuf jours avant Jeff Bezos, le fondateur de la société Blue Origin. Mais rejoindront-ils réellement l’espace ?

Virgin Galactic s’apprête à lancer une première mission avec équipage ce dimanche 11 juillet 2021. Le vol se fera à bord du VSS Unity, un avion suborbital. Ce dernier sera d’abord transporté en haute altitude par un avion porteur, le WhiteKnightTwo, avant d’être largué pour poursuivre sa montée. L’objectif sera d’atteindre 80 km d’altitude. L’équipage, composé de deux pilotes et de quatre spécialistes de mission, dont Richard Branson, pourra alors expérimenter quatre minutes d’apesanteur avant de redescendre sur Terre.

Espace ou pas espace ?

Une question se pose alors : peut-on réellement atteindre l’espace à 80 kilomètres d’altitude ? Selon les normes de la NASA, de la Federal Aviation Administration (FAA) et de l’armée américaine, la réponse est oui. Tous ces organismes considèrent en effet que l’espace extra-atmosphérique commence au-delà de cette limite. Toutefois, il existe une autre frontière largement reconnue : la ligne Kármán, généralement placée à 100 km d’altitude.

D’ailleurs, le principal concurrent de Virgin Galactic sur le marché du tourisme suborbital, Blue Origin, n’a pas hésité à souligner la différence, rappelant au passage que son lanceur, le New Shepard, dépasserait largement cette limite. “Nous lui souhaitons un bon vol, en toute sécurité, mais ils ne volent pas au-dessus de la ligne Kármán, et c’est une expérience très différente“, a notamment déclaré au Times le PDG de Blue Origin, Bob Smith.

Au cours d’une interview avec la National Public Radio (NPR) diffusée ce mercredi 7 juillet, Branson a rejeté cette remarque, soulignant que la NASA et la FAA reconnaissaient la limite de 80 km. De plus, “la différence réelle d’expérience sera quasi inexistante“, a-t-il déclaré, notant que les passagers obtiendront à peu près autant de temps en apesanteur à bord du VSS Unity qu’à bord du New Shepard.

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L’intérieur de la cabine du VSS Unity. Crédits : Virgin Galactic

La limite des 80 km est également soutenue par Jonathan McDowell, astrophysicien reconnu et traqueur de satellites basé au Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics, qui a plaidé en faveur de son adoption dans un article publié en 2018.

Et pour cause, au milieu du siècle dernier, le physicien américano-hongrois Theodore von Kármán arguait que cette fameuse limite des 100 km marquait la zone où les forces de la dynamique orbitale dépassaient celles de l’aérodynamique. Or, selon la définition originale de von Kármán, nous savons aujourd’hui que cette limite se situe entre 70 km et 90 km au-dessus de nos têtes. Ainsi, une ligne fixée à 80 km représente un excellent compromis.