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Révélations : un état d’urgence chez Facebook au moment du lancement de Google + il y a 5 ans

Crédits : Simon / Pixabay

Google+ est considéré comme un réseau social désert, sur lequel des millions de personnes se sont inscrites, et ce souvent contre leur gré, sans vraiment l’utiliser. Et pourtant, lors de son lancement en 2011, Google + avait inspiré les plus grandes craintes à Facebook, selon les révélations d’un ancien employé de la firme.

L’ancien employé ayant fait ces révélations est Antonio Garcia Martinez, dont des extraits de son livre ont été publiés par le site Vanity Fair. Il y explique son quotidien pendant des années au sein de la firme de Mack Zuckerberg. Notamment, l’intéressé relate l’ambiance et les conditions de travail dans les locaux de Facebook le jour où Google + fût lancé, le 28 juin 2011.

L’auteur explique qu’au lancement de Google +, Facebook n’avait pas encore atteint le milliard d’utilisateurs. De plus, le géant Google disposait d’un produit plus intéressant que Facebook sur quelques points, par exemple le fait de lier Google + aux autres services du géant américain, comme Gmail ou encore Google Search. Enfin, Google + ne comportait aucune publicité, une donnée plutôt attrayante sur le papier.

Mark Zuckerberg pensait que Google + pouvait rapidement dépasser Facebook et être déclaré vainqueur d’un affrontement décrit comme une « guerre totale » par Antonio Garcia Martinez. Le créateur de Facebook a donc décrété un genre d’état d’urgence baptisé « lockdown » par les employés de l’époque, un terme carcéral relatif au confinement.

« Nous avons reçu un e-mail à 13h45 le jour du lancement de Google+. Dans celui-ci, on nous a demandé de nous regrouper dans l’Aquarium, un cube avec des murs de verre où se trouvait le trône de Mark Zuckerberg » peut-on lire dans un des extraits.

Mark Zuckerberg aurait également fait une déclaration solennelle devant ses employés :

« Vous savez, l’un de mes orateurs romains préférés terminait tous ses discours avec la phrase ‘Carthago delenda est’ ou ‘Carthage doit être détruit’. Pour quelques raisons, je pense à ça maintenant » en référence à la phrase du sénateur romain Cato, qui souhaitait que la grande Rome détruise la ville de Carthage (actuelle Tunisie), alors sérieuse concurrente durant une partie de l’Antiquité.

Antonio Garcia Martinez explique également qu’un document circulait en interne au sein des employés de Facebook : une affiche comportant la phrase « Carthago delenda est » accompagnée d’un logo de casque de centurion romain et d’une police d’écriture faisant penser à la propagande à l’œuvre pendant la seconde guerre mondiale. Il s’agissait donc clairement de motiver les troupes.

Mick Johnson
Mick Johnson

Au moment où probablement, des millions d’utilisateurs comparaient Google + et Facebook, le « lockdown »de ce dernier suggérait vivement que l’intégralité des employés devait travailler 7 jours sur 7 et même le soir, dans le but de contrer le nouveau réseau social arrivant. Selon Antonio Garcia Martinez, certains employés avaient pour tâche de comprendre entièrement Google +, tandis que d’autres tentaient d’améliorer Facebook lui-même.

L’intéressé, qui œuvrait pour le département Facebook lié à la publicité, indique également avoir été présent surtout par solidarité envers ses collègues, tandis que ce confinement avait, aussi profondément qu’éphémèrement, modifié les habitudes des employés : leur famille venait par exemple leur rendre visite directement dans les locaux de Facebook.

« Il était clair que l’une des deux compagnies était prête à se battre jusqu’à la mort » écrivait Antonio Garcia Martinez. L’ancien employé de Mark Zuckerberg explique avoir vu les bureaux de Google complètement vides pendant que ceux de Facebook tournaient à plein régime.

Sources : Le MondePresse CitronFredZone