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Rétrofit : et si l’on améliorait les barrages existants ?

Crédits : Romain Longieras / iStock

Le monde compte déjà plusieurs dizaines de milliers d’imposants barrages hydroélectriques, mais la course aux nouvelles infrastructures continue. Et pourtant, il existe une solution facile pour augmenter la production des barrages existants sans impacter l’environnement : le rétrofit.

Ces « monstres » productifs ont des inconvénients

Le plus gros barrage hydroélectrique se trouve en Chine : le barrage des Trois-Gorges. Sa hauteur atteint 185 m et sa puissance est de 22 500 MW. En milieu d’année 2021, la Chine a également inauguré et partiellement ouvert le second barrage le plus important au monde. Il s’agit du barrage de Baihetan, d’une hauteur de 289 m pour une puissance de 16 000 MW. Rappelons tout de même que le monde compte plus de 58 000 grands barrages, selon l’International Commission On Large Dams (ICOLD). Cet ensemble produit environ 70 % de l’électricité renouvelable à l’échelle mondiale.

Seulement, voilà, plusieurs inconvénients accompagnent ces infrastructures. Leur construction et leur installation génèrent en effet des mouvements de population, causent des dégâts sur la faune et la flore, et sont une source de gaz à effet de serre en cas de décomposition des matières organiques au niveau des zones inondées.

Évoquons également le fait que dans certaines zones du globe, la gestion de l’eau génère des conflits entre états. C’est notamment le cas sur le Nil, avec le barrage de la Renaissance. L’Éthiopie est quant à elle accusée d’assécher des pays comme l’Égypte et le Soudan. Il faut aussi savoir que l’espace peut manquer, certains pays sont en effet en proie à la saturation.

barrage hydroelectrique
Crédits : Zsteves / iStock

Améliorer les barrages déjà en place

Une étude publiée le 1er novembre 2021 dans la revue Environmental Research Letters évoquait une piste afin d’endiguer la course à la construction de nouveaux édifices. Des chercheurs en science environnementale et en géographie estiment en effet qu’il est possible de « rétrofiter » les barrages déjà en place afin de les transformer en barrages électriques. Rappelons que la majorité des barrages servent à l’irrigation. Ils servent en général à créer un réservoir d’eau, contrôler une rivière et éventuellement installer une base de loisirs. Selon les chercheurs, ajouter des turbines et un générateur aux barrages pourrait permettre de fournir en énergie les communautés locales et connecter certains citoyens actuellement hors réseau.

Ils parlent d’une augmentation à hauteur de 78 gigawatts de la production mondiale en cas d’amélioration des barrages existants. Depuis 2000, aux États-Unis, pas moins de 36 barrages ont déjà reçu ce genre d’amélioration. Cela a permis une augmentation de la production du pays de 500 mégawatts.

Néanmoins, procéder à un rétrofitage n’est pas chose aisée. Premièrement, les coûts sont faramineux bien que plus intéressants face à la construction d’un nouvel édifice. Surtout, la position de certains barrages rend quasi impossible toute transformation. Soit leur réservoir est insuffisant, soit celui-ci ne peut pas être utilisé sous peine de priver d’eau les agriculteurs de la région.