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Climat : La Niña est officiellement de retour

Anomalies de température à la surface de la mer le 5 décembre 2021. Crédits : NOAA OSPO.

L’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) a récemment confirmé qu’un épisode La Niña s’est mis en place entre septembre et octobre derniers dans le Pacifique tropical. Il s’agit de la deuxième année consécutive à être influencée par la petite sœur d’El Niño.

On rappelle que ce phénomène naturel se manifeste en moyenne tous les deux à sept ans. Il se caractérise par la présence d’eaux anormalement froides le long de l’équateur, entre l’est et le centre du bassin pacifique. Selon les dernières prévisions, l’épisode actuel devrait se poursuivre au moins jusqu’en début d’année prochaine.

La Niña
Anomalies de température à la surface de la mer observées le 5 décembre 2021. Notez la plage de valeurs anormalement basses à l’est et au centre du Pacifique tropical. Crédits : NOAA OSPO.

En effet, la probabilité d’observer une Niña faible à modérée entre décembre 2021 et février 2022 est estimée à 90 %. Elle se situe entre 70 % et 80 % pour un épisode se prolongeant jusqu’à la fin du premier trimestre 2022. Par ailleurs, notons que l’épisode en cours devrait présenter une intensité légèrement plus faible que celui survenu entre août 2020 et mai 2021.

La Niña, quels impacts sur le climat mondial ? 

Dans la zone tropicale, La Niña tend à accentuer les contrastes hydriques, avec des régions humides plus humides et des régions sèches plus sèches. On attend par exemple une pluviométrie excédentaire de l’Indonésie au sud-est de l’Asie, en Amazonie et en Australie, mais un déficit de pluie au sud de l’Amérique latine, au nord-ouest de l’Asie ainsi qu’au Mexique. En Europe, les influences sont beaucoup plus indirectes et variables. Pour ces raisons, leurs modalités font encore l’objet de nombreuses recherches.

Gauche : probabilité d’observer une anomalie thermique chaude (rouge) ou froide (bleu) en moyenne sur le trimestre DJF 2021-2022. Droite : probabilité d’observer un excédent (vert) ou un déficit (marron) en moyenne sur le trimestre DJF 2021-2022. Crédits : OMM / WMO.

En outre, et contrairement à El Niño, l’impact sur le climat global prend la forme d’un léger refroidissement en moyenne planétaire. Toutefois, en raison du réchauffement climatique dû aux rejets anthropiques de gaz à effet de serre, cette influence thermique prend place sur une pente montante. Autrement dit, dans de nombreux endroits du monde, les températures restent malgré tout au-dessus des normales, un fait bien mis en évidence par les prévisions pour les mois à venir.

« L’impact refroidissant de La Niña entre 2020 et 2021, qui se fait généralement ressentir dans la seconde moitié de l’événement, signifie que 2021 sera l’une des dix années les plus chaudes jamais enregistrées, plutôt que l’année la plus chaude », relate à cet égard Petteri Taalas, Secrétaire général de l’Organisation Météorologique Mondiale. « Il s’agit d’un répit de courte durée qui n’inverse pas la tendance au réchauffement à long terme ni ne réduit l’urgence de l’action climatique ».