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Censée stopper la progression des cellules cancéreuses dans le foie, cette technique fait tout le contraire

Crédits : iStock

Une technique censée stopper la progression des cellules cancéreuses dans le foie s’est révélée infructueuse. Pire, elle a finalement doublé le nombre de tumeurs ! Un mal pour un bien qui permettra de concentrer les recherches sur d’autres solutions possibles.

Le cancer du foie est l’un des cancers digestifs les plus agressifs et même s’il reste l’un de ceux dont les traitements ont le plus progressé ces dernières années, il reste encore la troisième cause principale de décès liés au cancer dans le monde. C’est pourquoi la recherche s’affaire à trouver des solutions, mais les résultats sont parfois très inattendus. Il y a quelques jours, ce qu’une équipe de l’Université de Nouvelle-Galles-du-Sud, en Australie, pensait pouvoir être la prochaine découverte majeure concernant cette maladie s’est révélée être finalement exactement le contraire.

La découverte est ici très importante comme toutes les découvertes. Elle fut en revanche contre-intuitive en allant dans le sens opposé aux résultats attendus, censés être positifs. En bloquant un processus métabolique bien particulier chez la souris, cela aurait dû limiter la croissance tumorale selon les attentes, mais les chercheurs ont au contraire doublé le nombre de tumeurs : « Notre découverte a été complètement contre-intuitive, mais elle indique clairement que tout nouveau traitement contre le cancer du foie à l’avenir devra être abordé avec prudence, car il pourrait y avoir des conséquences imprévues », a déclaré Kyle Hoehn, principal auteur de cette étude parue dans Nature Communications.

Les scientifiques ont ici étudié un traitement connu pour bloquer un processus métabolique appelé lipogenèse qui transforme une molécule dans le corps appelé Acetyl-CoA en acides gras. Les chercheurs pensent en effet que la production de matières grasses joue un rôle important dans le cancer du foie en prolongeant la durée de vie des cellules cancéreuses, c’est pourquoi ces derniers ont jugé bon de bloquer ce processus dans l’espoir d’arrêter la croissance des cellules cancéreuses. Or, ce ne fut pas le cas, bien au contraire. Plutôt que de stopper la croissance des cellules tumorales, les souris ont fini avec deux fois plus de tumeurs que les témoins.

« Les résultats ont été très surprenants », explique Hoehn. « En bloquant la lipogenèse, nous avons réellement amélioré le système de défense antioxydant des cellules. Cela a permis aux cellules précancéreuses endommagées de survivre ». L’équipe a en fait constaté que suite au blocage les cellules cancéreuses s’étaient très rapidement mises à la recherche de nouvelles graisses qu’elles ont finalement « volé » à celles présentes dans la circulation sanguine en l’utilisant de manière beaucoup plus efficace. « Les cellules cancéreuses semblent toujours avoir une solution de contournement », explique Hoehn. « Ce sont de petites batardes intelligentes » a-t-il ajouté.

Même si les résultats sont ici contre-intuitifs et loin des résultats positifs espérés, il faut néanmoins y voir un mal pour un bien. Les chercheurs pourront maintenant se pencher sur d’autres voies pour stopper la croissance des cellules cancéreuses en évitant de gaspiller des ressources dans une impasse.

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