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Reste-t-il des écosystèmes encore écologiquement intacts sur Terre ?

Crédits : Wikimedia Commons.

Une récente étude internationale affirme qu’un très faible pourcentage des terres émergées de la planète sont toujours écologiquement intactes. Néanmoins, il est question d’une estimation encore grossière qui devrait s’affiner avec le temps.

Seulement 3 % des terres émergées

Dérèglement climatique, déforestations massives, pollutions ou encore braconnage, autant d’activités et phénomènes nuisant à l’environnement. Une équipe de chercheurs provenant d’une dizaine de pays a mené une étude publiée dans la revue Frontiers in Forests and Global Change le 15 avril 2021. Selon ces travaux, 3 % des écosystèmes mondiaux seraient encore écologiquement intacts à l’heure actuelle. Autrement dit, ces lieux abritent toujours des populations saines de leurs animaux d’origine, dont l’habitat ne subit aucune perturbation.

Ces espaces se trouvent principalement dans certaines zones des forêts tropicales de l’Amazonie ainsi que du Congo. D’autres se situent dans le Sahara, ou encore dans la toundra du nord canadien et de l’est sibérien. Selon les chercheurs, la plupart des zones en questions font l’objet d’une gestion par des communautés locales. Par ailleurs, l’Antarctique ne fait pas partie de l’étude.

Les meneurs des travaux estiment que réintroduire certaines espèces (loups, éléphants) dans certaines zones malmenées pourrait permettre de rétablir l’intégrité écologique de près de 20 % des terres émergées. Les scientifiques ont par ailleurs souligné que certaines espèces invasives ont eu au fil du temps un impact négatif sur certains territoires tels que l’Australie.

loup rouge
Crédits : nrtucker/pixabay

Une étude critiquée mais toujours en cours

Les chercheurs remettent en cause les résultats d’une précédente étude se basant sur l’imagerie satellite. Cette dernière affirmait que 20 à 40 % des terres émergées étaient encore des écosystèmes intacts. Selon les scientifiques de la nouvelle étude, l’apparence des zones vue du ciel ne reflète pas forcément la réalité du terrain, celle-ci étant caractérisée par la présence et la répartition des animaux. Dans cette nouvelle étude, il est question de la comparaison de plusieurs types de cartes. Les premières montrent les dommages que l’humain a causés sur les habitats naturels de la faune sauvage. Les secondes montrant les endroits où les animaux ont disparu de leur aire de répartition d’origine, ou y figurent en trop petit nombre pour contribuer au maintien d’un écosystème viable.

L’étude en question a essuyé plusieurs critiques, comme la sous-évaluation des zones écologiquement intactes. Les meneurs de l’étude reconnaissent que les fameux 3 % relèvent d’une estimation encore grossière. Selon eux, le problème est simple : le manque de cartes. Les recherches se poursuivent et l’objectif est d’étudier précisément l’impact de l’activité humaine sur certains écosystèmes afin de définir quelles seraient les meilleures actions à mener pour les restaurer et les sauvegarder.