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Pourquoi respirer profondément aide à nous calmer ?

Crédits iStock

Lorsque la nervosité est élevée, l’une des techniques imparables pour revenir au calme est de respirer profondément. Une équipe scientifique vient de découvrir le circuit neuronal qui contrôle ce processus dans le cerveau.

Pourquoi respirer lentement et profondément aide à nous calmer et comment ? Si le processus est bien connu, il n’a encore jamais eu droit à une explication scientifique. Cette question est l’objet des travaux réalisés par une équipe scientifique de l’Université de Stanford, aux États-Unis, qui publie ses résultats sur le site de la prestigieuse université et dans la revue Science.

Au cours d’une expérience menée sur des souris, les scientifiques ont identifié un circuit de neurones (un tout petit groupe de seulement 350 cellules nerveuses parmi les millions présentes dans le cerveau de la souris) qui régule la connexion entre la respiration et l’activité cérébrale qui affecte le calme du comportement de la souris. En inhibant ces cellules, ils ont constaté que les souris respiraient encore normalement, mais qu’elles étaient inhabituellement calmes. Cette découverte pourrait un jour conduire à la mise au point de thérapies pour aider les personnes atteintes de troubles de l’anxiété, de stress et de crises de panique.

Si la respiration est une action inconsciente et involontaire qui figure parmi les rythmes les plus élémentaires de la vie, les humains connaissent depuis des siècles les effets calmants de la prise de longues et profondes respirations. À l’inverse, les crises amènent une personne à prendre des respirations courtes et rapides, ce qui a pour effet d’exacerber le malaise. Les chercheurs savent que les circuits de neurones dans le cerveau régulent la respiration, mais jusqu’à présent, ils n’avaient pas encore identifié la voie neuronale qui relie la respiration aux états émotionnels de l’anxiété et du calme.

Dans ces travaux, l’équipe dirigée par le Dr Mark Krasnow, professeur de biochimie à l’école de médecine de l’Université de Stanford, dans la ville du même nom en Californie, a fouillé la principale région du cerveau qui contrôle les rythmes de respiration appelée le complexe de pré-Bötzinger que l’on trouve dans une section rudimentaire du tronc cérébral appelé le pons.

Ainsi, les chercheurs y ont découvert un sous-ensemble de neurones qui transmet des signaux à une région située dans le pons, laquelle modère les sentiments de vigilance, d’attention et de stress. Ces neurones expriment deux protéines qui sont commandées par les gènes Cdh9 et Dbx1.

Selon le coauteur de l’étude, le Dr Kevin Yackle, en « coupant » l’activité de ces gènes dans des souris génétiquement modifiées, ils ont pu inhiber les quelque 350 neurones supposés responsables de l’excitation tout en laissant tous les autres neurones intacts. Ils ont alors constaté que les souris ont passé beaucoup plus de temps dans un état calme.

S’il nous est relativement possible de contrôler notre respiration pour atteindre le calme, les chercheurs espèrent ici élaborer un traitement qui cible ces gènes. « Pour les personnes atteintes de crises de panique, il leur est quasiment impossible de contrôler leur respiration. Par conséquent, une approche pharmacologique peut être idéale pour prévenir ces crises », explique le Dr Yackle.