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D’immenses réservoirs souterrains d’eau douce découverts à Hawaï

Crédits : 12019/Pixabay

À Hawaï, des chercheurs ont cartographié de vastes réservoirs d’eau douce sous le flanc sud du volcan bouclier Hualālai. Ces travaux pourraient avoir des implications importantes pour les îles volcaniques du monde entier.

La majeure partie de l’eau douce d’Hawaï provient d’aquifères. Concrètement, lorsque la pluie tombe, l’eau s’enfonce dans le sol à travers les différentes couches arables et la roche volcanique, atteignant finalement des réservoirs profonds. Seulement, les quantités d’eau douce dans les aquifères souterrains de l’île ont toujours semblé très faibles compte tenu des importantes précipitations essuyées dans la région. En réalité, toute cette eau a priori manquante se “cachait” ailleurs.

De l’eau douce enfouie profondément sous terre

Dans le cadre de récents travaux, des chercheurs de l’Université d’Hawaï se sont tournés vers l’imagerie électromagnétique, exploitant les propriétés conductrices du sel.

L’eau douce n’est pas très conductrice. En revanche, les sels dissous dans l’eau de mer fournissent beaucoup d’ions positifs et négatifs capables de transporter les courants électriques beaucoup plus efficacement. Aussi, les chercheurs ont embarqué dans un bateau remorquant un système capable de propager un champ électromagnétique dans l’eau. Ils ont ainsi longé la côte hawaïenne. Les données recueillies ont alors révélé des régions de conductivité plus élevée et plus faible le long de la côte de Kona, permettant à l’équipe de cartographier plusieurs débits d’eau douce se jetant dans l’océan.

Concrètement, les chercheurs ont découvert que, profondément sous terre, de grandes quantités d’eau douce sont transportées des flancs du volcan Hualālai vers des réservoirs nouvellement découverts – sorte de longues rivières souterraines – qui rejoignent ensuite l’océan. Ces réservoirs, estiment les chercheurs, contiennent environ 3,5 kilomètres cubes d’eau douce, soit environ 1,4 million de piscines olympiques. C’est environ deux fois plus que les quantités estimées jusqu’alors.

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Crédits : Université d’Hawaï

Des ressources inexploitées à protéger

Grâce à cette méthode, d’autres aquifères pourraient également être isolés au sein d’autres îles volcaniques dans des régions telles que les Galapagos, les Comores, le Cap-Vert et la Réunion, qui proposent des formations hydro-géologiques en couches similaires. Ces ressources renouvelables potentielles inexploitées pourraient alors s’avérer inestimables alors que le climat mondial évolue rapidement. En ayant connaissance de ces ressources, les communautés d’îles volcaniques pourront en effet adapter leurs comportements, de manière à les préserver.

Le fait de trop dégrader le paysage pourrait par exemple avoir un impact négatif. Les forêts tropicales notamment, aident à capter l’eau pour ensuite la filtrer dans le sol. Si la forêt se dégrade, le sol s’érode et l’eau s’écoule finalement en surface, épuisant davantage les aquifères.