in

Requins-baleines : leurs nageoires amputées pourraient repousser

Crédits : Lekies/Pixabay

Certains animaux, comme les tritons et les salamandres, sont connus pour leur capacité à régénérer les tissus endommagés. Toutefois, à en croire une étude publiée dans Conservation Physiology, nous pourrions ajouter une nouvelle espèce à la liste : les requins-baleines.

Des requins plus résistants qu’on ne le pense

Les requins-baleines sont les plus gros poissons du monde. Très abordables, ils attirent naturellement beaucoup l’attention des touristes et autres amateurs de la vie marine. Ces rencontres rapprochées avec les bateaux ne sont pas sans conséquence pour les animaux qui sont parfois victimes de blessures, voire de mutilations. Dans le cadre d’une étude récente, des chercheurs de l’Université de Southampton se sont penchés sur le pouvoir de guérison de ces traumatismes physiques.

Pour enquêter, l’équipe s’est concentrée sur des photos peuplant deux sites de l’océan Indien prises par d’autres chercheurs, opérateurs touristiques et autres citoyens scientifiques. Étant donné que ces poissons présentent des marques distinctives propres à chacun, les scientifiques sont en mesure de surveiller la convalescence de plusieurs individus dans le temps.

Au terme de ces travaux, les chercheurs ont déterminé que ces requins pouvaient guérir de blessures très graves dans des délais “de plusieurs semaines à quelques mois“, explique l’auteur principal de l’étude, Freya Womersley. “Cela signifie que nous avons maintenant une meilleure compréhension de la dynamique des blessures et de leur guérison, ce qui peut être très important pour la gestion de la conservation“.

Une régénération de la nageoire dorsale

Dans le cadre de ces travaux, les auteurs ont également remarqué la repousse de la nageoire dorsale partiellement amputée de l’un de ces requins. D’après l’équipe, c’est la première fois qu’une telle régénération est scientifiquement documentée chez cette espèce. Il est tout de même important de noter que cela n’a été observé que chez un seul individu.

Fait intéressant, il en est également ressorti que les schémas uniques tapissant la peau de ces requins persistent après avoir été endommagés. Autrement dit, de nouvelles taches semblent se former sur celles précédemment détruites.

requins
Un requin-baleine avec une partie de sa nageoire caudale arrachée. Crédits : Marine Conservation Society Seychelles

Bien que ces résultats laissent à penser que les requins-baleines peuvent être plus résistants aux blessures qu’on ne le pensait, l’équipe note que ces accidents pourraient entraîner d’autres effets négatifs à long terme invisibles par le simple biais de photographies. Celles-ci pourraient inclure des changements dans les comportements de recherche de nourriture ou des niveaux de condition physique réduits.

Des études supplémentaires seront donc nécessaires pour tenter d’appréhender pleinement les effets de ces rencontres sur les requins-baleines qui, on le rappelle, ont connu des déclins de population dans le monde entier en raison des activités humaines.