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Jamais un requin n’avait mordu aussi fort

Crédits : Mark Conlin, SWFSC Large Pelagics Program/Wikipédia

Au large des côtes de la Nouvelle-Zélande, un requin mako vient de livrer la morsure la plus puissante de tous les requins jamais mesurée. Une seule autre espèce fait mieux sur Terre.

Dans le cadre d’une émission diffusée sur Discovery Channel, le biologiste Riley Elliott et son caméraman Andy Casagrande ont cherché à enregistrer la morsure d’un requin Mako (Isurus oxyrinchus). Les opérations ont eu lieu dans les eaux de Mayor Island, un volcan bouclier endormi situé au nord de la Nouvelle-Zélande. C’est la première fois qu’une telle mesure était tentée pour cette espèce.

Un record à 13 000 Newtons

Il y a quelques semaines, l’un de ces spécimens a « mordu à l’hameçon », serrant entre ses mâchoires l’appareil fixé au bout d’une tige tendue par le Dr Elliott. Au départ, les morsures étaient relativement faibles, mais elles ont rapidement évolué à mesure que le requin s’acharnait dessus. L’animal a finalement livré 13 000 Newtons de pression. Du jamais vu pour un requin.

« Au fur et à mesure que l’on progressait, j’entendais Andy me dire que les chiffres montaient en flèche, », explique le chercheur. « J’étais époustouflé. Pour donner une certaine perspective, le requin blanc a une force de morsure de 10 000 newtons. La morsure la plus forte jamais mesurée pour un animal sur terre est celle du crocodile marin, estimée à 17 000 newtons« .

Des recordmans menacés

Les requins Makos sont habitués aux records. Outre leur morsure ultra puissante, ils sont connus pour être les requins plus rapides de la planète, capables de pointes à plus 100 km/h. Cette vélocité, ils la doivent à leur peau recouverte de denticules, des sortes de petites écailles, resserrés et recourbés vers l’arrière. Les Makos ont également le plus grand rapport cerveau-corps de tous les requins. Ainsi, de tous ces poissons, ils sont peut-être aussi les plus intelligents.

On trouve davantage de ces requins dans les eaux autour de la Nouvelle-Zélande. Toutefois, ils se retrouvent aussi dans les eaux tropicales et tempérées du monde entier, évoluant parfois à plus de 700 mètres de profondeur.

Pouvant atteindre une longueur de quatre mètres, ces animaux sont malheureusement très appréciés pour leur chair, semblable à celle du thon, ainsi que pour leur aileron. Cela donne donc lieu à une pêche massive de ces animaux. D’un autre côté, leur longue période de gestation et leur maturité sexuelle tardive ne permettent pas d’assurer le renouvellement des effectifs. De ce fait, il fait aujourd’hui partie des espèces en danger d’extinction.

Le réchauffement climatique n’arrange rien. D’après une étude récente publiée dans Scientific Reports, une exposition constante à un pH bas, due à l’acidification des océans, semble en effet fragiliser la peau de ces requins, ce qui réduit forcément leurs capacités de nage. De ce fait, ils pourraient à l’avenir avoir beaucoup plus de mal à chasser pour se nourrir.