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Il répertorie les rares lieux silencieux de notre planète

Sur Terre, il n’y aurait qu’une petite cinquantaine de zones complètement à l’abri des nuisances sonores imputées aux activités humaines. Ce constat a été fait par Gordon Hempton, un acousticien américain dont la mission est de recenser ces havres de paix disséminés autour du globe.

« Nous y sommes. Une fois franchi le seuil, plus un mot, nous communiquerons par gestes. Pas de téléphone portable, de toute façon dans la forêt le réseau ne passe pas, vous oubliez les écouteurs et ce serait bien aussi d’éviter de manger. Installez-vous contre un tronc, sur une souche, où vous voulez, et prenez tout le temps nécessaire, il n’y a pas d’horaires ici. Je vous attendrai à la sortie » indiquait Gordon Hempton aux journalistes de Télérama qui l’ont suivi dans une de ces expéditions dans un parc national proche de Washington (États-Unis).

Gordon Hempton est un bioacousticien, c’est-à-dire que sa spécialité n’est autre le silence, ou plutôt les sons ne contenant aucun bruit d’origine humaine. L’homme a fait trois fois le tour du monde durant les trois dernières décennies, toujours à la recherche de sons totalement naturels. Sa passion est également son métier, puisqu’il se rémunère en vendant des enregistrements aux chaines de télévision, souvent dans le cadre de l’élaboration de documentaires.

« Je voyage énormément afin de parler de ce que la Terre nous murmure — si nous prenons la peine de l’écouter » peut-on lire sur le site officiel de l’artiste, également auteur de l’ouvrage One Square Inch of Silence paru en 2010, que l’on peut approximativement traduire par « Quelques centimètres carrés de silence ».

Gordon Hempton tente de sensibiliser le monde à la préservation de ces havres de paix qui ne connaissent aucune pollution sonore. Dans un portrait-vidéo, l’artiste explique, d’un air blasé :

« Il fut un temps où tout était si calme. Et cela a été pris pour acquis. Ce que le pin blanc a à dire, seul le pin blanc peut le dire, et ça ne s’entend pas dans un bureau. »

L’artiste produit des enregistrements en haute qualité, mais indique également le caractère irremplaçable d’une écoute de la nature en direct, une pureté sonore malheureusement sans cesse interrompue par les bruits provenant des activités humaines. En effet, dans de telles conditions, un avion qui passe gâche tout le plaisir.

Sources : Télérama – Konbini – Ouest France