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Une étude remet en cause le libre arbitre chez les Hommes

Crédits : imelenchon / WIkimedia

Chez les Hommes, le libre arbitre, l’un des fondements philosophiques les mieux établis, ne serait finalement qu’une illusion. Des chercheurs américains l’ont récemment démontré en utilisant la méthode argot du pig latin.

Notre cerveau accomplirait certaines tâches, même complexes, sans pour autant qu’il y ait eu une volonté de notre part. C’est ce qui ressort des travaux menés par une équipe de chercheurs de l’Université de Californie à San Francisco (États Unis), qui affirment donc que notre cerveau est en mesure de réaliser automatiquement des opérations logiques assez complexes, sans effort délibéré de sa part. Leur étude est à consulter dans la revue Acta Psychologica.

Pour parvenir à ces conclusions, ces chercheurs se sont entourés de 32 étudiants volontaires, à qui il a été demandé d’apprendre le pig latin. Il s’agit d’un argot principalement utilisé en anglais, équivalent au louchébem en français, à savoir un mélange de verlan (inversement des syllabes) et de javanais (ajout d’une syllabe). Deux règles s’appliquent au pig latin :

  • Pour un mot qui commence par une consonne, on déplace cette consonne à la fin du mot et on ajoute — ay. Par exemple, latin devient atin-lay.
  • Pour un mot qui commence par une voyelle, on ajoute — way à la fin du mot. Par exemple, apple devient apple-way.

Durant les tests réalisés, il a été demandé aux volontaires de ne pas traduire délibérément les mots qui apparaissaient sur leur écran de contrôle. Si un des étudiants le traduisait de manière impulsive, il devait presser la touche de la barre d’espace de son clavier d’ordinateur. Résultat, les volontaires ont traduit les mots spontanément dans 43 % des cas, même s’ils s’efforçaient de s’en abstenir.

Comme l’expliquent ces chercheurs, notre conscience ne serait ainsi qu’une « courroie de transmission » et non pas un « système générateur d’information », bien que l’on affirmait le contraire jusque-là. Ils suggèrent qu’avant que nous appréhendions nos pensées, celles-ci sont déjà nées dans notre inconscient.

Cette nouvelle pourrait trouver des applications pratiques, notamment en médecine pour traiter de certains troubles mentaux, notamment les comportements compulsifs.

Source : Acta Psychologica

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Rédigé par David Louvet-Rossi