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La région du cerveau spécifique à la stimulation du clitoris a été découverte

Crédits : josefkubes / iStock

En Allemagne, des chercheurs ont stimulé le clitoris d’un groupe de femmes à l’aide d’un dispositif. À l’aide de l’Imagerie par résonance magnétique (IRM), ils ont en effet pu identifier la région du cerveau en lien avec la stimulation de cet organe. Cette découverte est source d’espoir pour les femmes ayant subi une mutilation.

Une technique de stimulation plus performante

Certains organes n’ont pas encore trouvé leur place dans la carte cérébrale du corps humain, autrement dit le cortex somato-sensoriel. Ce dernier a pour mission de capter et intégrer les informations sensorielles que notre corps envoie constamment à notre cerveau. Parmi ces organes, nous retrouvons le clitoris. Or, dans une étude parue dans le Journal Of Neuroscience le 9 décembre 2021, les chercheurs de la Freie Universität Berlin (Allemagne) disent avoir identifié la région du cerveau en lien avec sa stimulation. Dans le cadre de cette étude, les chercheurs ont fait passé une IRM a une vingtaine de femmes volontaires dont l’âge se situait entre 18 et 45 ans. Au moment de l’examen, ces mêmes femmes utilisaient un appareil tactile dans le but de stimuler leur clitoris.

Si cette étude n’est pas la première à explorer ce sujet, la place du clitoris dans le cortex somato-sensoriel était sujette à débats. Certains chercheurs la localisaient près de la hanche, d’autres près du pied. Or, le manque de clarté à propos de cette localisation résultait d’une altération de la réponse du cerveau. Par exemple, lorsque le clitoris est stimulé par un partenaire (ou un appareil peu précis), d’autres parties du corps le sont également. Les chercheurs allemands ont donc conçu un dispositif assurant une réponse du cerveau à la seule stimulation du clitoris (voir ci-dessous).

appareil stimulation clitoris
Crédits : Freie Universität Berlin / JNeurosci

Progresser sur la prise en charge des femmes mutilées

Selon les résultats, la position du clitoris dans le cortex somato-sensoriel se trouve à côté de la hanche, comme c’est le cas de celle du pénis. Plus précisément, on le retrouve au niveau des aires de Brodmann 1, 2 et 3a le long du gyrus post-central. Toutefois, la position exacte varie entre chaque femme.

Par ailleurs, l’épaisseur des dix zones les plus actives a été mesurée pour chaque participante.  L’objectif était ici d’établir un lien entre la structure du cerveau et la fréquence des rapports sexuels. Les scientifiques assurent avoir découvert une association entre cette fréquence et l’épaisseur de la région génitale. Autrement dit, les femmes ayant souvent des rapports sexuels ont une zone cérébrale de stimulation du clitoris plus épaisse. Néanmoins, l’étude ne prouve pas directement que les coïts sont à l’origine de cette différence d’épaisseur. D’autres recherches devront être menées en ce sens pour obtenir des certitudes.

En tout cas, ces recherches pourraient servir à progresser sur la prise en charge de femmes ayant subi des violences sexuelles de type mutilation. Le dispositif permettrait alors de mesurer les signaux de plaisir après la réparation de l’organe féminin en complément de l’indispensable accompagnement psychologique.