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La redistribution du vivant face au réchauffement global a des impacts sur l’Homme

Crédits iStock

Le changement climatique est à l’origine une redistribution géographique des espèces végétales et animales à l’échelle mondiale. Ces grands changements auront une incidence sur la société humaine.

L’équipe de chercheurs internationale à l’origine de ces travaux a été dirigée par des scientifiques australiens de l’Institut des études marines et de l’Antarctique (IMAS) et un chercheur français du laboratoire EDYSAN (Écologie et dynamique des systèmes anthropisés) et menée par 41 chercheurs issus de 14 pays et de toutes les disciplines du vivant (biologie marine, terrestre, animale et végétale). Elle a mené une étude publiée dans la revue Science, laquelle fait état des dangers qui planent sur l’Homme en raison de la redistribution du vivant.

En effet, l’augmentation globale des températures pousse la grande majorité des êtres vivants (animaux et végétaux, sur terre ou dans l’eau) à migrer vers les pôles, les sommets des montagnes ou bien les profondeurs des océans. Ce phénomène global désormais incontestable a déjà des impacts sur le fonctionnement des écosystèmes (dont fait partie l’Homme) et sur la dynamique propre du changement climatique, mais les conséquences restent encore méconnues.

Une redistribution de l’ensemble du vivant, c’est aussi de nouveaux défis pour l’Homme, qu’ils soient sanitaires (avec émergence de nouveaux vecteurs de maladies) ou encore économiques. « L’Homme dépend du vivant et du bon fonctionnement des écosystèmes pour son alimentation, sa santé, son bien-être, ses activités de production, ses activités récréatives et son enrichissement culturel. Par conséquent, une redistribution globale du vivant aura un impact sur l’ensemble de ces facettes », explique Gretta PECL, professeure associée de l’Institut des études marines et de l’Antarctique (IMAS, Tasmanie) et première auteure de l’étude. « Le déplacement des espèces d’une zone économique à une autre sera également potentiellement source de conflits et de tensions entre pays comme c’est déjà le cas entre l’Écosse, la Norvège et l’Islande pour l’activité de pêcherie, avec la guerre du maquereau qui sévit dans l’Atlantique nord », ajoute-t-elle.

Pour les risques sanitaires, l’explosion de la maladie de Lyme en France est un exemple typique. Ses coûts sanitaires, sociaux et économiques sont une autre illustration pertinente des conséquences de la redistribution du vivant associée au réchauffement climatique.

« Au-delà de ces impacts directs sur le bien-être humain, la redistribution du vivant agit également de manière indirecte via des boucles de rétroaction qui modifient la dynamique même du réchauffement climatique », explique de son côté Jonathan Lenoir, maître de conférences en biostatistiques à l’Université de Picardie Jules Verne et coauteur de l’étude. « Par exemple, en Arctique, au même titre que la fonte de la banquise, l’embroussaillement de la toundra et la progression de la forêt boréale sont autant de facteurs qui diminuent l’albédo (pouvoir réfléchissant) du Pôle Nord et accentuent donc le réchauffement par effet de rétroaction positive », ajoute-t-il.

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