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Des astronomes prévoient de pêcher une météorite interstellaire avec un aimant

Illustration d'un astéroïde en approche de la Terre. Crédits : urikyo33/Pixabay

Des astronomes prévoient de récupérer une petite météorite d’un autre système stellaire ayant terminé son voyage cosmique dans le Pacifique en 2014. Pour ce faire, les chercheurs utiliseront une sorte de râteau magnétique capable de ratisser le fond marin.

CNEOS 2014-01-08 est une météorite qui a percuté la Terre le 8 janvier 2014. Amir Siraj, astrophysicien à l’Université de Harvard, a identifié l’origine interstellaire de cet objet il y a deux ans avec 99,999% de confiance. Le US Space Command a ensuite confirmé il y a quelques mois. On pense que cette météorite provient d’un autre système stellaire, car elle se déplaçait à environ soixante kilomètres par seconde avant de percuter la Terre. Une telle vitesse signifie que l’objet n’était pas lié par la gravité du Soleil.

Mesurant à peine cinquante centimètres de large au moment de sa percée dans l’atmosphère, CNEOS 2014-01-08 est désormais considéré comme le premier objet interstellaire jamais découvert dans notre Système solaire. Auparavant, ce titre revenait à Oumuamua, un objet en forme de cigare découvert en 2017 alors qu’il était en partance de notre système.

Les chercheurs pensent que la roche a frappé l’atmosphère à environ 160 kilomètres au large des côtes de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, au milieu de la nuit, avec environ 1 % de l’énergie de la bombe d’Hiroshima. Plusieurs fragments de météorite interstellaire se trouveraient désormais sur le fond marin à environ trois cents kilomètres au nord de l’île de Manus, dans la mer de Bismarck. Or, l’astrophysicien aimerait maintenant pouvoir les analyser. Et pour cause, « trouver un tel fragment représenterait le premier contact que l’humanité ait jamais eu avec un matériau plus gros que la poussière d’au-delà du Système solaire« , souligne le chercheur.

météorite interstellaire
On pense que les fragments de météorite se trouvent à 300 km au nord de l’île de Manus (en rouge), dans le sud-ouest de l’océan Pacifique. Crédits : Map Data Copyright 2022 Google

Ratisser les fonds océaniques avec un gros aimant

Pour opérer, les chercheurs vont utiliser le navire du projet Galileo. Un traîneau magnétique sera installé sur un treuil à palangre, avant d’être remorqué le long du fond marin à 1,7 km de profondeur pendant une dizaine de jours. « La plupart des météorites contiennent suffisamment de fer pour coller au type d’aimant que nous prévoyons d’utiliser pour l’expédition océanique« , note le chercheur. « Il est très probable que les fragments de CNEOS 2014-01-08 soient également ferromagnétiques« .

Les chercheurs espèrent que l’aimant pourra récupérer de minuscules fragments de la météorite, certains pouvant ne mesurer que 0,1 mm de diamètre. Cependant, on ne sait pas quand les astronomes pourront monter leur expédition. La facture pour mener une telle expédition s’élève en effet à plus de 1,6 million de dollars. Et pour l’heure, les chercheurs n’ont que 500 000 dollars engagés.