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Reconnaissance faciale : ces activistes ont scanné 14 000 visages pour dénoncer le manque de règles

Crédits : capture YouTube / Fight for the Future

À Capitol Hill, où se trouve le Congrès des États-Unis, un groupe d’activistes a scanné le visage d’environ 14 000 passants. L’objectif ? Montrer que l’absence de législation concernant la reconnaissance faciale est quelque chose de dangereux.

Une application créée par Amazon

Comme l’a rapporté le média Vox ce vendredi 15 novembre 2019, un trio d’activistes s’est distingué à Capitol Hill, quartier de la capitale où se situe le Congrès des États-Unis. Vêtus de combinaisons protectrices blanches, ces personnes se sont baladées dans la rue mais également dans les couloirs du Congrès !

Armés de smartphones fixés sur leur front, les activistes ont scanné 13 732 visages en quelques heures à peine. Il faut savoir que les appareils étaient connectés à Rekognition, un logiciel basé sur le cloud, lancé en 2016 par Amazon. Cette application de reconnaissance faciale est notamment utilisée par l’United States Immigration and Customs Enforcement (la police douanière des États-Unis), la police d’Orlando (Floride) ainsi que par des entités privées.

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Les activistes ont déambulé dans la rue et les couloirs du Congrès pour scanner le visage des passants !
Crédits : capture YouTube / Fight for the Future

Une opération légale

Après avoir scanné les visages, les activistes les ont croisés avec une base de données afin de les identifier. Par ailleurs, l’opération a été diffusée en ligne sur un site dédié baptisé ScanCongress. Or, le fait est que cette même opération est tout à fait légale et cela inquiète les activistes. Ils estiment que de telles manipulations sont dangereuses et devraient être interdites.

Au passage, évoquons le fait que ces militants engagés appartiennent à Fight for the Future, une organisation de défense des droits numériques. Créé en 2011, ce groupe s’est donné la mission de promouvoir des causes liées à la législation sur le droit d’auteur, à la protection de la vie privée et à la censure via Internet.

Au final, les activistes ont déclaré avoir identifié un membre du Congrès et sept journalistes. Ils ont également identifié 25 lobbyistes, dont certains sont proches d’Amazon. Il faut également savoir que si le fond du problème touche à l’absence de législation concernant la reconnaissance faciale, le logiciel Rekognition a déjà généré des remous aux États-Unis depuis son lancement. Citons par exemple de fréquentes erreurs d’identifications, surtout concernant les personnes ayant la peau noire. Certains employés d’Amazon avaient même protesté contre la vente de ce logiciel !

La vidéo des activistes :


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