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Les cœurs de biodiversité marine menacés par la rapidité du réchauffement

Crédits : Pixabay License.

Les écosystèmes marins sont grandement menacés par le réchauffement des océans, tout particulièrement par sa rapidité. Selon une étude publiée ce 7 juillet dans la revue Global Change Biology, ce sont plus de 70 % des zones océaniques accueillant une biodiversité riche et hétérogène qui seront exposées d’ici 2100 à des températures excédant la capacité d’adaptation des espèces.

Pour arriver à ces résultats, les chercheurs ont comparé les changements de température attendus d’ici à la fin du siècle selon différents scénarios d’émissions de gaz à effet de serre aux évolutions naturelles survenues depuis la dernière déglaciation. Ainsi, ils ont établi une métrique permettant de comparer les extrêmes passés et futurs et ont pu évaluer la capacité des organismes marins à suivre le rythme des changements attendus au cours des prochaines décennies.

« Nos recherches montrent que les lieux présentant une biodiversité marine exceptionnellement riche sont les plus exposés au réchauffement océanique futur, ce qui les rend particulièrement vulnérables au changement climatique du vingt et unième siècle », souligne Stuart Brown, auteur principal de l’étude. « Cela demandera souvent des déplacements au-delà des régions océaniques dans lesquelles ces espèces ont évolué et auxquelles elles sont adaptées, ainsi qu’à des vitesses de déplacement rarement observées pour la vie marine ».

Une perte de biodiversité qui entraîne celle de précieux services écosystémiques

Parmi ces zones riches en biodiversité, on trouve les récifs coralliens qui fournissent des moyens de subsistance à plusieurs millions de personnes dans le monde. Les écosystèmes côtiers et leur capacité à stocker du carbone ainsi qu’à protéger les littoraux contre les assauts de la mer en font également partie. On pourrait en citer d’autres. En somme, plus que la disparition malheureuse de plantes et d’animaux marins, ce sont aussi et peut-être surtout les services écosystémiques qu’ils fournissent qui disparaîtraient avec eux.

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(A). Les zones riches en biodiversité marine sont indiquées par des encarts blancs hachurés. L’échelle de couleurs présente le degré de ressemblance des rythmes des variations passées et futures. Plus le réchauffement sera rapide par rapport aux variations passées, plus le pourcentage de ressemblance est faible (couleurs chaudes). (B, C, D, E). Comparaison entre les taux de réchauffement passés (bleu) et futurs (orange) pour quatre écosystèmes clés. Crédits : Stuart C. Brown & coll. 2022.

« En montrant que les zones à haute biodiversité marine sont exposées de façon disproportionnée au réchauffement futur, nos résultats fournissent de nouvelles informations importantes pour déployer et renforcer les actions de conservation et de sauvegarde de la biodiversité marine face au changement climatique », relate Damien Fordham, l’un des coauteurs du papier. Une autre conclusion forte de l’étude a été de montrer que même pour un réchauffement modéré des océans, les zones où sont concentrées les richesses biologiques seront fortement affectées.

« Les actions qui visent à renforcer la résilience écologique et évolutive au changement climatique devraient être une priorité. Celles-ci pourraient inclure l’amélioration de la gestion des pêches, l’aide au mouvement des espèces et l’expansion d’aires marines protégées et gérées de façon intelligente sur le plan climatique », ajoute le chercheur. Des actions fortes de contrôle et d’accompagnement pour la conservation des écosystèmes devront donc être entreprises dans les plus brefs délais.