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Climat : 11 000 scientifiques tirent la sonnette d’alarme et proposent des solutions

Crédits : Caniceus

Une équipe internationale de chercheurs nous avertit : les “signes vitaux” de la planète s’affaiblissent. Pour contrer certains phénomènes en passe de devenir irréversibles, ils demandent la mise en place de mesures urgentes et radicales.

Les scientifiques évoquent les tendances alarmantes du changement climatique depuis déjà quarante ans, avec notamment une première Conférence mondiale sur le climat tenue à Genève en 1979. Depuis, des sonnettes d’alarme ont été tirées régulièrement, mais aucune d’entre elles n’a été prise au sérieux. Pendant ce temps, les émissions de gaz à effet de serre (GES) n’ont cessé d’augmenter avec des effets de plus en plus dommageables et évidents sur le climat terrestre.

Une planète au bord de la rupture

Aujourd’hui, les “signes vitaux” de la planète s’affaiblissent dangereusement face à la surexploitation générée par l’économie mondiale. C’est en tout cas la mise en garde évoquée par des chercheurs ce mercredi. Comme l’indique leur étude publiée dans BioScience, sur les 31 “signes” étudiés, dix-huit atteignent des records.

Les scientifiques ont l’obligation morale d’avertir clairement l’humanité de toute menace catastrophique et de la présenter “telle qu’elle est”. Sur la base de cette obligation, nous déclarons, avec plus de 11 000 scientifiques signataires du monde entier, clairement et sans équivoque que la planète Terre est confrontée à une urgence climatique“.

Parmi les signes les plus troublants figurent notamment les augmentations soutenues des populations humaines et de bétail, de la production de viande par habitant, de la perte de couvert forestier mondial, de la consommation de combustibles fossiles et des émissions de dioxyde de carbone (CO2) ou encore du nombre de passagers aériens.

Les auteurs soulignent également quelques signes encourageants, tels que la baisse des taux de fertilité mondiaux, la perte de forêt décélérée en Amazonie Brésilienne, l’augmentation de la consommation d’énergie solaire et éolienne ou encore le désinvestissement institutionnel de combustibles fossiles de plus de 7 000 milliards de dollars. Cependant, ce n’est pas suffisant.

Pendant ce temps, trois GES atmosphériques abondants (CO2, méthane et protoxyde d’azote) continuent d’augmenter, tout comme la température de surface mondiale. À l’échelle mondiale, les glaciers fondent à un rythme inquiétant au Groenland comme en Antarctique, dans les Alpes comme dans les Andes.

“La crise climatique est arrivée et s’accélère plus vite que ne le pensaient la plupart des scientifiques. Elle est également plus grave que prévu, menaçant les écosystèmes naturels et le sort de l’humanité“, écrivent les auteurs.

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Crédits : PublicDomainPictures/Pixabay

Plusieurs solutions proposées

Pour contrer ces phénomènes susceptibles pour certains de devenir irréversibles, les scientifiques exhortent les dirigeants de mettre en place des mesures radicales et urgentes. Dans leur document, l’équipe en évoque plusieurs :

– Le monde doit rapidement “mettre en œuvre des pratiques massives d’efficacité énergétique et de conservation” et doit “remplacer les combustibles fossiles par des énergies renouvelables à faible émission de carbone“.  Les pays les plus riches doivent également aider les pays les plus pauvres à s’éloigner des combustibles fossiles. Enfin, nous devons “éliminer rapidement les subventions aux combustibles fossiles“.

– Phytoplancton, récifs coralliens, forêts primaires, savanes, prairies, zones humides, tourbières, mangroves ou herbiers marins, nous devons restaurer les écosystèmes contribuant grandement à la séquestration du CO2 atmosphérique et à la biodiversité.

– Nous devons également “consommer principalement des aliments à base de plantes tout en réduisant la consommation mondiale de produits d’origine animale, en particulier les ruminants“, écrivent les auteurs. En plus de réduire les émissions de GES et d’améliorer grandement la santé humaine, ces actions pourront également libérer des terres pour la culture d’aliments végétaux humains au lieu d’aliments pour le bétail.

– Enfin, la population mondiale doit être stabilisée et idéalement réduite progressivement dans un cadre garantissant l’intégrité sociale. Les chercheurs l’assurent : “il existe des politiques éprouvées et efficaces qui renforcent les droits humains tout en abaissant les taux de fécondité et en atténuant les impacts de la croissance démographique sur les émissions de GES et la perte de biodiversité“.

Les auteurs se disent prêts à aider les décideurs dans une transition juste vers un avenir durable et équitable. “Nous pensons que les perspectives seront meilleures si les décideurs et toute l’humanité réagissent rapidement à cet avertissement et à cette déclaration d’urgence climatique et agissent pour maintenir la vie sur la planète Terre, notre seule maison“.