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Quand la réalité virtuelle permet aux victimes d’AVC de retrouver leur motricité

Crédits Rehabilitation Gaming System / Universitat Pompeu Fabra

À Barcelone existe un laboratoire où les chercheurs proposent des techniques de rééducation à destination des victimes d’accidents vasculaires cérébraux, et ce par le biais de la réalité virtuelle. Cette initiative fait partie d’un projet de recherche à l’échelle européenne.

Ce projet baptisé Rehabilitation Gaming System (RGS) intègre un jeu virtuel afin de rééduquer les victimes d’AVC, et a fait l’objet d’une publication par l’université Pompeu Fabra située à Barcelone (Espagne). Dans cette ville, l’hôpital Vall d’Hebron expérimente donc ce système.

« C’est vraiment motivant parce que j’ai appris à faire de nouvelles choses, j’ai été capable de récupérer beaucoup de ma motricité au niveau des bras de manière très intuitive et naturelle » explique Gloria Bou Ferreiro à Euronews dans un article du 15 février 2016. Cette personne suit ce programme de rééducation expérimentale depuis quelques mois.

Le Rehabilitation Gaming System entre dans le cadre d’un complément des techniques de rééducation classiques. Son but est de réapprendre au cerveau à contrôler la motricité du corps, en particulier les membres supérieurs.

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Crédits Rehabilitation Gaming System / Universitat Pompeu Fabra

« Pour nous, cette technologie peut être utile pour les patients qui ont achevé leur rééducation classique à l’hôpital et sont de retour chez eux : ils pensent souvent que la rééducation est terminée. Leur cerveau ne sollicite plus les zones atteintes par l’AVC, cet outil a prouvé son efficacité car il aide le cerveau à récupérer de la non-utilisation des zones endommagées » indique Susana Rodríguez González, médecin spécialiste en rééducation.

Le jeu virtuel a été mis au point à l’université Pompeu Fabra par des psychologues, informaticiens et spécialistes en biotechnologie. Voici une déclaration du psychologue Paul Verschure, coordinateur du projet RGS :

« Nous partons du principe que le cerveau est une machine qui apprend de manière active : il construit en permanence des modèles du monde qui nous entoure. Donc on a pensé qu’il fallait peut-être soumettre le cerveau à de nouvelles formes de stimulation, d’entraînement mené dans un but précis, pour faire croire au cerveau qu’il peut réaliser certaines tâches et c’est exactement ce qu’on fait grâce à la réalité virtuelle. »

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Crédits Rehabilitation Gaming System / Universitat Pompeu Fabra

Le système RGS permet également d’optimiser l’entrainement des patients en analysant leurs performances. Cependant, les scientifiques pensent à d’autres applications :

« Vous voyez ici la région du cerveau qui a été lésée par un AVC, on peut évaluer de manière virtuelle dans quelle mesure l’activité cérébrale va changer dans les zones touchées et ainsi, visualiser l’ampleur des dommages sur la motricité et les fonctions cognitives du patient et cet outil peut nous apporter une aide précieuse pour fournir de meilleurs diagnostics » explique la neuroscientifique Anna Mura.

Selon les chercheurs, la réalité virtuelle aide vraiment les patients à regagner le contrôle de leurs membres supérieurs et le système RGS devrait pouvoir agir sur d’autres fonctions altérées lors d’un AVC :

« Les altérations du langage, les troubles de la déglutition, de l‘équilibre, les problèmes neuropsychologiques, les troubles de l’attention, on peut aussi s’attaquer à ces difficultés avec des systèmes comme celui-là : les AVC ne touchent pas les patients qu’au niveau de leur force physique et de leur psychomotricité » explique le médecin Susana Rodríguez González.

Sources : EuronewsReplay

Crédit photos : Universitat Pompeu Fabra