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La réalité virtuelle est-elle dangereuse pour le cerveau humain ?

Crédits : Capture vidéo

En 2016, la réalité virtuelle a pris une certaine ampleur, de par les investissements apportés depuis son apparition, ayant permis une multiplication des applications disponibles, ce qui en a fait un marché aujourd’hui plein de promesses. Cependant, les experts pensent que la réalité virtuelle pourrait apporter des modifications relatives au fonctionnement du cerveau.

La réalité virtuelle deviendra-t-elle à terme un problème de santé publique ? Cette technologie apporte pour l’instant un énorme soutien dans le cadre d’interventions médicales. Par exemple, la réalité virtuelle a permis en janvier 2016 de ne pas endommager la vision d’un patient atteint d’un cancer du cerveau, opéré par l’équipe de neurochirurgie du CHU d’Angers, en lui projetant des images qu’il devait lui-même décrire pendant l’intervention.

La réalité virtuelle a également permis de soulager la souffrance, sans aucun usage de morphine, de grands brûlés pendant leurs séances de nettoyage en les projetant dans un environnement de froid polaire. Ils ont donc pu oublier la douleur pendant quelques instants. L’initiative était celle d’Hunter Hoffman, Directeur du centre de réalité virtuelle de l’Université de l’état de Washington à Seattle (États-Unis).

Selon le spécialiste, ce genre de prouesse est possible simplement parce que la réalité virtuelle modifierait la chimie du cerveau des patients. Il a fait passer des IRM à certains volontaires afin d’étudier les activités de la partie du cerveau relative à la douleur, et à l’issue de l’expérience, la conclusion suivante a été apportée : la réalité virtuelle ralentissait ces mêmes activités.

Concrètement, le fait de plonger un patient dans un monde virtuel est synonyme d’induire ses sens en erreur. Selon Hunter Hoffman, il y aurait des risques sur le long terme, puisque le ralentissement des activités de la partie du cerveau liée à la douleur serait provoqué par une surproduction d’endorphine.

« Les endorphines sont des hormones sécrétées par des glandes cérébrales, l’hypophyse et l’hypothalamus, et présentes dans de nombreux organes, dont le cerveau et la moelle épinière. Ces hormones ont des effets proches de la morphine utilisée comme médicament antalgique. Elles sont émises dans des moments d’effort physique, d’excitation intense, de douleur, ou d’orgasme. Les endorphines agissent sur la douleur en se fixant sur les récepteurs morphiniques situés dans le thalamus au niveau des centres régissant la douleur. Elles provoquent une sensation de relaxation, de bien-être, voire dans certains cas, d’euphorie », définition tirée du site Santé-médecine.

Un autre spécialiste de la réalité virtuelle, Philippe Fuchs, professeur à l’École des Mines de Paris, évoque les effets secondaires des casques de réalité virtuelle, surtout en ce qui concerne les enfants. Selon lui, le fait de s’exposer longtemps à un jeu en réalité virtuelle altérerait le développement et le fonctionnement de leurs cerveaux.

Le risque serait donc neuronal, et cette version est confirmée par une équipe de chercheurs de l’Université d’UCLA (États-Unis). Des recherches menées depuis 2009 par le Pr Mayank Mehta ont permis d’observer l’inactivité de 60% des neurones contenus dans l’hippocampe de rats plongés dans une réalité virtuelle, tandis que leur rythme cérébral aurait également diminué.

Sources : Le FigaroAlloMedecins