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Rapport : nous devons abandonner les combustibles fossiles, et vite

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Un rapport historique de l’Agence internationale de l’énergie appelle toutes les nations à agir plus rapidement et de manière plus agressive pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Alors que se profile la COP26, l’Agence internationale de l’énergie vient de livrer une feuille de route visant à décarboner le secteur de l’énergie d’ici à 2050. Le but est de limiter la hausse des températures mondiales à 1,5°C au-dessus des niveaux de la période préindustrielle. Globalement, le rapport appelle à ne plus investir dans de nouvelles installations électriques au charbon, pétrolières ou gazières. Il est également demandé aux nations de stopper dès que possible la vente de nouveaux véhicules diesel et à essence.

Un avis qui compte auprès des décideurs

Alors que des chercheurs alertent sur les dangers du réchauffement climatique et formulent depuis plusieurs années déjà des recommandations similaires, c’est la première fois que l’Agence internationale de l’énergie propose des moyens de réduire fortement les émissions de GES. Le point positif, c’est qu’elle est très influente sur le plan politique. Elle est également souvent considérée par les investisseurs comme base d’une planification à long terme.

Si cette agence dit qu’il n’est plus nécessaire d’investir dans de nouveaux approvisionnements en combustibles fossiles, alors cela peut vraiment changer la donne“, estime en effet Kelly Trout, une analyste de recherche senior chez Oil Change International, un groupe de défense de l’environnement.

D’après le rapport, l’ampleur des changements nécessaires pour atteindre ces objectifs n’est malheureusement toujours pas pleinement comprise par de nombreux gouvernements et investisseurs.

Certaines grandes économies se sont bien engagées à réduire à zéro leurs émissions d’ici le milieu du siècle, mais tous les moyens ne sont visiblement pas encore mis en oeuvre. La Chine investit par exemple toujours dans de nouvelles centrales électriques au charbon, tandis que certaines entreprises aux États-Unis et au Canada continuent de cibler de nouveaux gisements pétroliers et gaziers.

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Crédits : drpepperscott230/pixabay

La feuille de route

L’Agence internationale de l’énergie ne tire pas simplement la sonnette d’alarme. Elle propose également une feuille de route susceptible d’accélérer la transition.

  • Dès cette année, les pays doivent cesser d’approuver de nouvelles centrales au charbon à moins qu’ils ne soient équipés d’une technologie de capture du carbone. Les pays doivent également cesser d’approuver le développement de nouveaux gisements de pétrole et de gaz.
  • D’ici 2025, les gouvernements devront commencer à interdire la vente de nouveaux appareils de chauffage au mazout et au gaz pour chauffer les bâtiments. À l’inverse, ils devront investir dans les pompes à chaleur électriques.
  • D’ici 2030, les véhicules électriques devront représenter environ 60% des ventes de voitures neuves dans le monde. (On atteint seulement 5% aujourd’hui.)
  • D’ici 2035, les constructeurs automobiles cesseront de vendre de nouveaux véhicules de tourisme à essence ou diesel. Plus de la moitié des nouveaux camions lourds devront être électriques. Les centrales émettrices de charbon et de gaz devront être abandonnées au profit de technologies moins polluantes telles que l’éolien, le solaire ou le nucléaire.
  • D’ici 2040, toutes les centrales électriques au charbon restantes devront être fermées ou équipées d’une technologie de captage du carbone. Environ la moitié de tous les voyages aériens devront être alimentés par des alternatives plus propres au carburéacteur.
  • D’ici 2050, pratiquement toutes les voitures devront fonctionner sur batteries ou à l’hydrogène.
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Crédits : paulbr75/pixabay

Recherche et développement

En parallèle à ces efforts, un programme de recherche accéléré pour améliorer les technologies d’énergie propre sera également nécessaire. En effet, toujours d’après le rapport, des progrès dans la réduction des émissions au cours de la prochaine décennie pourront être réalisés au moyen des technologies “vertes” existantes, mais elles ne seront pas suffisantes. L’agence estime qu’environ la moitié des réductions d’émissions d’ici 2050 proviendront de technologies qui sont encore au stade de la démonstration ou du prototype.

Enfin, les gouvernements vont devoir être attentifs aux bouleversements géopolitiques inhérents à ces transformations. Par exemple, l’extraction de métaux critiques dans certaines régions sera forcément multipliée au cours de la prochaine décennie. La forte baisse de la production de pétrole et de gaz invitera également les producteurs à bas prix des régions du Moyen-Orient à assumer une part dominante du marché restant.