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Les racines de la Grande Tache rouge de Jupiter 50 à 100 fois plus profondes que les océans terrestres

Crédits : Nasa

Les données recueillies par la sonde Juno de la NASA durant son premier passage au-dessus la Grande Tache rouge de Jupiter en juillet dernier indiquent que cette caractéristique emblématique pénètre bien au-dessous des nuages.

Ce lundi 11 décembre 2017, où a eu lieu la réunion annuelle de l’American Geophysical Union à la Nouvelle-Orléans, l’équipe de recherche de la sonde Juno de la Nasa a présenté ses dernières découvertes, qui portent notamment sur la célèbre Grande Tache rouge. « L’une des questions les plus fondamentales sur la Grande Tache rouge de Jupiter est : à quelle profondeur sont ses racines ? » questionne Scott Bolton, responsable des recherches de Juno du Southwest Research Institute de San Antonio. « Les données de Juno indiquent que la plus célèbre des tempêtes du système solaire a une largeur de presque 1,5 fois celle de la Terre et a des racines qui pénètrent jusqu’à environ 300 km dans l’atmosphère de la planète ».

Une révélation rendue possible par l’utilisation du radiomètre à hyperfréquences (MWR) de Juno. « Le radiomètre à hyperfréquences de Juno a la capacité unique de scruter en profondeur les nuages ​​de Jupiter » explique Michael Janssen, co-investigateur Juno du Jet Propulsion Laboratory de la Nasa. « Il s’avère être un excellent instrument pour nous aider à aller au fond des choses qui rendent la Grande Tache rouge si belle », ajoute-t-il.

La Grande Tache rouge de Jupiter est un ovale géant de nuages ​​de couleur cramoisie dans l’hémisphère sud de Jupiter, qui tournent dans le sens anti-horaire autour du périmètre de l’ovale. Elle mesure environ 16 000 km de large. « Juno a découvert que les racines de la Grande Tache rouge sont 50 à 100 fois plus profondes que les océans terrestres et qu’elles sont plus chaudes à la base qu’au sommet », déclare Andrew Ingersoll, professeur en sciences planétaires à Caltech et également membre de l’équipe de recherches de Juno. « Les vents sont associés à des différences de température, et la chaleur de la base de la tache explique les vents violents que nous observons au sommet de l’atmosphère ».

Son avenir reste toutefois incertain. Surveillée depuis 1830, la Grande Tache rouge de Jupiter pourrait en réalité exister depuis plus de 350 ans. Au début du XIXe siècle, elle était bien plus grande puisqu’elle mesurait plus de deux fois la planète Terre en largeur, de même que lorsque les sondes Voyager 1 et 2 de la Nasa ont croisé Jupiter sur leur route vers Saturne en 1979. Aujourd’hui, les mesures effectuées par des télescopes terrestres indiquent que la tache a diminué d’un tiers de sa largeur et de huit fois sa hauteur.