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Qui s’est aventuré sur ce volcan il y a 385 000 ans ?

Crédits : Mauro Fermariello

Des empreintes retrouvées en Italie suggèrent que d’anciens hominidés se sont souvent aventurés sur les pentes abruptes d’un volcan en activité, au lendemain d’une éruption majeure il y a 385 000 ans. 

Au 18e siècle, plusieurs empreintes de pas ont été retrouvées sur l’une des pistes menant au sommet du volcan Roccamonfina, dans le sud de l’Italie. Elles ont été laissées alors que ce dernier venait d’entrer en éruption (lave encore fraîche, sinon elles n’auraient pas été conservées). Mais qui en était à l’origine ?

Pour les locaux, seul le diable était capable de venir s’aventurer sur ces terres encore brûlantes. Cette idée du “démon quittant les enfers par le volcan pour atteindre l’humanité” est restée pendant plus de deux siècles et demi dans les esprits. Jusqu’à ce qu’en 2003, deux archéologues se penchent plus sérieusement sur le problème.

81 empreintes laissées par 5 individus

En analysant le sol, ces deux chercheurs sont finalement tombés sur 56 empreintes laissées par deux individus il y a environ 385 000 ans. Au moment où ces traces ont été faites, ces deux hominidés descendaient l’une des pentes raides du volcan – dont l’inclinaison pouvait atteindre 80 degrés.

La “piste A” empruntait un chemin qui zigzaguait, suggérant que l’hominidé avait intelligemment étudié son parcours pour éviter des obstacles. D’autre part, la piste B a laissé entrevoir des traces de mollets, de fesses et d’une main imprimés dans le sol. Cet individu est donc probablement tombé au cours de sa descente. À d’autres moments, il aurait également utilisé sa main gauche pour se stabiliser afin de maintenir son équilibre.

Depuis, les analyses se sont poursuivies et plusieurs autres empreintes ont été retrouvées au fil du temps. Plus récemment, 14 nouvelles traces ont été repérées. On en dénombre aujourd’hui 81 laissées par cinq individus. Sur cet échantillon, les 67 ont été laissées par des individus en train de descendre. Autrement dit, cela suggère que des hominidés grimpaient également sur les pentes du volcan, alors même que celui-ci venait d’entrer en éruption.

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Vue sur le mont Santa Croce, partie de l’ancien volcan Roccamonfina éteint depuis 50 000 ans. Crédits : Wikipédia

Adolfo Panarello, de l’Université de Cassino (Italie), est celui qui a découvert ces empreintes “montantes”. Selon lui, ces individus étaient des visiteurs réguliers. Tous étaient adultes et le rythme de marche était assez lent malgré la chaleur du sol. Mais alors, pourquoi vouloir s’aventurer sur des terres aussi dangereuses ?

« Les soi-disant “montagnes de feu” ne font pas que détruire, rappelle le chercheur. Les éruptions volcaniques créent également des sols fertiles, attirant la faune sauvage ». Il souligne également que, de nos jours, des millions de personnes vivent à proximité de volcans actifs, malgré les risques.

Homo heidelbergensis ?

Ainsi à l’époque, on arpentait peut-être le volcan pour venir chasser le gibier. Quant à savoir qui a réellement laissé ces empreintes, la question est encore débattue, mais on suppose qu’il pourrait s’agir d’Homo heidelbergensis, qui vécut en Europe il y a entre 700 000 et 300 000 ans. C’est au passage cette espèce qui a donné naissance à Neandertal en Europe.

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