Après les terribles tremblements de terre qui ont secoué l’Italie ce mardi, causant la mort de plusieurs centaines de personnes, puis Myanmar (Birmanie) quelques heures plus tard, la question de l’éventualité d’un méga-séisme se pose à nouveau chez les sismologues, et les prévisions ne sont guère optimistes.

« Nous savons qu’un nombre important d’énergies terrestres se sont accumulées à cause des frictions entre deux plaques. Celles-ci pourraient provoquer, en se libérant, un terrible tremblement de terre ou une série de tremblements de terre » déclare Harsh K. Gupta, directeur du National Geophysical Research Institute d’Hyderabad. La question de la possibilité d’un méga-séisme anime depuis plusieurs décennies les sismologues, et refait surface après les séismes qui ont frappé coup sur coup l’Italie et la Birmanie ces derniers jours. Car si les énergies évoquées par Harsh K. Gupta s’échappent, il pourrait en résulter un tremblement de terre 32 fois supérieur à celui qui a eu lieu au Népal en avril 2015.

Il y a moins d’un an, c’était le Japon puis l’Équateur qui étaient aussi frappés par de lourds tremblements de terre, deux pays situés sur la « ceinture de feu ». La ceinture de feu, c’est un croissant qui s’étire autour de l’océan Pacifique sur la majorité de son pourtour (environ 40 000 km) selon un alignement de plusieurs centaines de volcans qui coïncide avec un ensemble de limites de plaques tectoniques et de failles. Près de 90 % des tremblements de terre ont lieu dans cette région.

Il faut également prendre en compte la situation de la Californie, en bascule sur sa célèbre « faille de San Andreas », longue de 1 300 kilomètres et divisée en plusieurs secteurs, qui avait notamment causé en 1906 un séisme d’une magnitude de 8,2 ruinant alors la ville de San Francisco. « Il pourrait avoir lieu au cours de la prochaine décennie« , a déjà prévenu le sismologue américain James Dolan de The University of Southern California. De plus, récemment, c’est une autre faille qui a été découverte, baptisée « faille de Cascadia », laquelle se situe entre la Californie du Nord et Vancouver et est aussi dangereuse que la « faille de San Andreas ».

Un méga-séisme, ou « Really Big One », pourrait conduire à plusieurs milliers de morts, mais aussi provoquer des vagues migratoires de millions de réfugiés. Un tel événement se produit en moyenne tous les 230 ans, et le dernier en date remonte à 311 ans. Celui-ci avait provoqué un tsunami de dix mètres de haut et fait baisser la ligne côtière de un à deux mètres. « La question n’est pas de savoir s’il aura lieu, mais quand il aura lieu« , ajoute même le sismologue James Dolan de l’Université de Southern California.

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