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Qu’est-ce que l’insuline et comment notre corps l’utilise-t-elle ?

Crédits : iStock

La présence du diabète n’a cessé d’augmenter dans le monde entier au cours des 30 dernières années. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, plus de 422 millions de personnes dans le monde vivent actuellement avec cette maladie chronique, liée à l’incapacité du corps à produire de l’insuline. Mais finalement, qu’est-ce que l’insuline et comment notre corps l’utilise-t-elle ?

Les hormones servent de messagers chimiques. Ce sont des molécules qui traversent notre circulation sanguine pour signaler à nos cellules et organes comment ils doivent réagir. Par conséquent, elles régulent une variété d’activités dans notre corps, des besoins basiques comme la faim à des réponses plus complexes comme les émotions. L’insuline, elle, est une hormone produite par le pancréas qui régule spécifiquement le métabolisme des glucides, et donc le taux de glucose – ou de sucre – dans le sang. Quand nous ingérons des hydrates de carbone et d’autres sucres, l’insuline pénètre dans la circulation sanguine et – comme une vendeuse en porte à porte – convainc les cellules musculaires et graisseuses de s’ouvrir et d’absorber une partie de ce sucre comme source d’énergie future.

L’imagerie à haute résolution nous montre que l’insuline fait son travail en se liant à des récepteurs sur la surface d’une cellule, ce qui provoque la concentration de molécules appelées GLUT4 près de la surface de la cellule. Ces molécules GLUT4 servent ensuite de transporteurs pour guider le glucose dans la cellule. Cependant, les cellules peuvent également convertir ce glucose en graisse plutôt que de l’utiliser pour l’énergie, puisque le processus de stockage des graisses nécessite souvent moins d’énergie à accomplir. Si vous consommez plus de sucre que votre corps n’en a besoin, le glucose supplémentaire sera envoyé à un stockage de graisse à long terme en fonction de votre niveau d’activité.

Sauf que chez les diabétiques, tout ne se passe pas comme prévu. Le sucre reste dans la circulation sanguine au lieu d’être absorbé par les cellules, soit parce que leur corps est résistant à l’insuline et ignore son message, soit parce que le pancréas ne produit pas l’insuline en premier lieu. Les personnes atteintes de diabète peuvent compenser ce manque d’insuline par des injections quotidiennes, ou par l’utilisation d’une pompe à insuline qui peut injecter continuellement l’hormone dans le tissu adipeux sous la peau par le biais d’un petit tube.

L’insuline médicale était autrefois extraite du pancréas des porcs et des vaches avant d’être purifiée puis utilisée par les humains. Maintenant, l’insuline utilisée pour traiter le diabète est plus communément produite par des bactéries génétiquement modifiées ou des levures. Mais alors que les pompes et les injections quotidiennes permettent aux diabétiques de vivre une vie normale, elles nécessitent néanmoins une surveillance constante. Les injections répétées peuvent être douloureuses, et la connexion constante à une pompe peut être gênante. À l’avenir, l’idée ne serait plus de traiter le manque d’insuline, mais l’absence de cellules productrices d’insuline dans le pancréas, appelées cellules bêta.

Il y a quelques semaines, des chercheurs ont en ce sens injecté dans des souris des cellules fabriquées en laboratoire capables de faire le même travail que les cellules bêta. Ces cellules synthétiques ont régulé le niveau de glucose dans le sang de la souris pendant cinq jours. Les cellules artificielles transportent ici leurs propres sacs d’insuline qui adhèrent à la membrane externe de leur cellule, et libèrent ensuite leur insuline lorsque la cellule est entourée d’un excès de glucose dans le sang. Une fois que les niveaux de sucre dans le sang diminuent à un niveau plus normal, les petites poches d’insuline retombent dans la cellule pour une utilisation ultérieure.

Ces recherches suggèrent qu’un jour peut-être, les diabétiques pourront avoir une alternative aux injections et aux pompes. Les cellules synthétiques ont l’avantage de pouvoir être plus facilement produites en masse et ont une durée de conservation plus longue.

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