Qu’est-ce que la nomophobie ?

nomophobie smartphone
Crédits : PIKSEL/istock

Vous avez probablement entendu parler du phubbing qui consiste à ignorer les personnes qui vous accompagnent en regardant votre téléphone. Il est maintenant temps de vous présenter un autre mal lié au smartphone dont vous pourriez souffrir : la nomophobie.

Un outil désormais essentiel

On ne vous apprend rien : les smartphones jouent un rôle central dans la vie quotidienne de millions de personnes. On les utilise principalement pour la communication, que ce soit via des appels vocaux ou des SMS traditionnels, mais aussi via des moyens de communication plus avancés tels que les appels vidéo, la messagerie instantanée ou les médias sociaux. Les smartphones offrent également un accès immédiat à une immense quantité d’informations en ligne, tandis que les applications de cartographie et de navigation intégrées ont permis de simplifier nos déplacements.

Certains se servent aussi des smartphones comme de plateformes de divertissement avec des applications pour la musique, les vidéos, les jeux, les livres électroniques, et plus encore, ou comme appareil photo. Plus récemment, les smartphones ont également transformé la manière dont nous effectuons des paiements et des transactions. Enfin, les smartphones permettent un accès constant aux mails, aux calendriers et aux applications professionnelles, soutenant ainsi le travail à distance et la mobilité professionnelle.

En résumé, les smartphones ont donc radicalement changé la manière dont les gens communiquent, apprennent, travaillent et se divertissent. Ils sont désormais considérés comme un outil essentiel pour la vie quotidienne et ont eu un impact profond sur la société et la culture. Ainsi, à mesure que leur rôle dans la société moderne s’est accru, les scientifiques se sont empressés d’essayer de garder un oeil sur leurs effets sur la santé.

nomophobie smartphone
Crédits : Nature/Istock

Qu’est-ce que la nomophobie ?

La nomophobie est un terme qui décrit l’anxiété et la panique que certaines personnes peuvent ressentir lorsqu’elles se retrouvent sans leur smartphone. Ce phénomène aurait été identifié pour la première fois en 2008 au Royaume-Uni. À l’époque, une étude avait révélé que près de la moitié des utilisateurs de téléphones mobiles éprouvaient un certain degré d’anxiété lorsqu’ils étaient séparés de leur appareil ou qu’ils n’avaient pas de couverture réseau.

Des enquêtes menées par la suite auprès de diverses populations ont corroboré ces conclusions. Par exemple, une enquête en 2017 a révélé que 60 % des étudiants en première année de médecine souffraient de nomophobie modérée, tandis que 22,1 % d’entre eux étaient classés comme ayant une nomophobie sévère.

Plus récemment, une équipe de l’Université Bartin en Turquie a exploré la relation entre la nomophobie et deux facteurs : l’intelligence émotionnelle et la résolution de problèmes interpersonnels.

Concrètement, les chercheurs sont partis du postulat que les personnes ayant une intelligence émotionnelle élevée, c’est-à-dire ayant une meilleure compréhension et gestion de leurs propres émotions et de celles des autres, pourraient être moins sujettes à la nomophobie. Cependant, leurs résultats ont montré que ce facteur n’avait pas d’effet direct significatif sur la nomophobie.

En revanche, les chercheurs ont constaté que la résolution de problèmes interpersonnels avait un effet direct. En d’autres termes, les personnes ayant de bonnes compétences en résolution de problèmes interpersonnels semblaient moins sujettes à la nomophobie et au stress qu’elle provoque.