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Qu’est-ce que la graisse brune et quel est son rôle dans notre poids ?

Crédits : iStock / Pavel_Chag

Dans certains domaines, les connaissances scientifiques actuelles permettent de savoir de nombreuses choses sur l’organisme des êtres humains et sur sa manière de fonctionner. Si le cerveau ou encore l’estomac ont encore des secrets à nous révéler, d’autres éléments sont en revanche assez documentés. C’est notamment le cas des différents tissus adipeux qui peuvent constituer le corps. Ces dernières années, l’on a en effet beaucoup entendu parler de la graisse brune (entre autres), et de son rôle dans l’organisme. Que cache donc cette appellation qui peut sembler un peu sommaire au premier abord ? Est-elle nécessairement “mauvaise” ? Et quel est donc le rôle de ce type de graisse dans le corps ? 

Les différents types de tissus adipeux

Avant de commencer, précisons quelques éléments essentiels. Sous la désignation un peu familière que peut constituer le terme de graisse, on entend en fait les tissus adipeux. Tout comme il y a plusieurs types de cholestérol, il existe de bonnes et de moins bonnes graisses chez tous les mammifères, qui influent plus ou moins sur la santé. On recense donc  plusieurs types de tissus adipeux. Notons en premier le tissu adipeux blanc, puis le beige, mais les plus connus sont sans nul doute le blanc et le brun. Dans tous les cas, ils permettent de stocker de l’énergie nécessaire au corps humain.

La graisse blanche

Dans les grandes lignes, le tissu adipeux blanc constitue de 15 à 25 % du corps humain en fonction du sexe ou encore de la corpulence d’une personne. La graisse blanche est en majorité constituée d’adipocytes blancs : ce sont des cellules qui sont spécialisées dans le stockage des lipides. Si on la trouve principalement au niveau de l’abdomen et des viscères, elle se situera plus vers le fessier et les hanches chez les femmes et dans la région des épaules chez les hommes. Son rôle principal est de stocker les lipides et les calories, pour mieux les fournir au corps en cas de détresse de l’organisme. Mais en parallèle, elle ne les élimine pas.

La graisse brune, c’est quoi au juste ?

Comme pour la graisse blanche, celle-ci est principalement constituée d’adipocytes bruns. Mais à la différence de la première, la graisse brune se trouve principalement chez les nourrissons et les fœtus. Dans le règne animal, les animaux qui hibernent sont ceux qui en possèdent le plus. Car le froid active la graisse brune  : cette dernière permet de réchauffer l’organisme et de produire de la chaleur salvatrice pour les animaux qui vivent dans le froid, et pour les bébés qui ne possèdent pas encore la capacité physique de frissonner.

Mais les adultes en possèdent-ils ? On a longtemps cru que la graisse brune disparaissait après un an de vie. Une récente étude de l’Université de Laval a toutefois infirmé cette affirmation en constatant que chaque être humain – adulte – possédait environ 200 grammes de graisse brune, localisée en haut de l’abdomen et au niveau du cou.

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Crédits : iStock

Les conditions d’activation de la graisse brune dans l’organisme

On l’a compris, le froid joue un rôle prépondérant dans l’activation de la graisse brune. Face à son homologue qu’est la graisse blanche, elle constitue une piste à l’étude chez les scientifiques qui se penchent sur le poids. Puisque l’on sait que la graisse brune est présente en moindre quantité que la graisse blanche dans notre organisme, est-il possible de transformer cette dernière (en graisse brune, donc) ?

Dès lors, des pistes ont été étudiées pour voir si l’activation de la graisse brune pouvait entraîner une modification du poids ou de la répartition de graisse dans l’organisme. La première étant son lien étroit avec le froid bien sûr, puisque plus que d’être une source de chaleur, le tissu adipeux brun pourrait avoir un rôle dans l’élimination de calories et la régulation du taux de sucre !

Comment l’activer ?

Nous savons maintenant que le froid lui donne le rôle de brûleur de graisse, contrairement à la graisse blanche qui se contente “simplement” de stocker. Mais de là à passer l’hiver en manches courtes et à volontairement s’exposer au froid, il y a tout de même une marge à ne pas dépasser ! Privilégier les douches fraîches et ne pas surchauffer certaines pièces comme la chambre à coucher (pas plus de 20 °C par exemple) est un bon début. Mais ces gestes ne dispensent pas d’une activité physique et d’une alimentation appropriée.

Et au vu des nombreux brûleurs de graisse sont déjà accessibles sous la forme de compléments alimentaires, on ne peut que se dire que les scientifiques ont déjà pu développer des produits élaborés qui témoignent de l’importance de la graisse brune. De fait, il ne faut pas hésiter à comparer les brûleurs de graisse pour s’y retrouver plus facilement et éventuellement adapter son activité physique.

Ce qu’en pensent les scientifiques

D’autant plus qu’il existe d’autres moyens de l’activer, notamment pour qu’elle ait un rôle chez les personnes qui souhaiteraient atténuer leur surpoids. C’est précisément ce sur quoi travaille Mirko Trajkovski, professeur au Département de physiologie cellulaire et métabolisme de l’Université de Genève (UNIGE).

Lui et son équipe se penchent actuellement sur d’autres moyens que le froid pour activer la graisse brune, notamment en s’intéressant au microbiote. Selon le scientifique, « le microbiote peut réguler les effets positifs de l’exposition au froid, en activant la graisse brune, en brunissant la graisse blanche, […] et en diminuant l’obésité générale chez les souris ». Une hypothèse qui reste à confirmer ou non.

D’autre part, les scientifiques cherchent aussi à en savoir plus sur l’éventuel rôle de coupe-faim de la graisse brune via des expériences sur des souris. Reste donc à voir où aboutiront ces expériences.