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Quels seront les tests effectués lors de la mission lunaire Artemis I ?

Illustration d'une capsule Orion autour de la Lune. Le module de service est la partie arrière du vaisseau. Crédits : NASA/ESA

La NASA s’apprête à donner le coup d’envoi officiel de son ambitieux programme Artemis. La première de ces missions, Artemis I, sera probablement lancée fin août ou début septembre. Au cours de ce vol, la capsule Orion fera le tour de la Lune avant de revenir sur Terre. La NASA et ses partenaires en profiteront pour effectuer de nombreux tests.

Les principaux objectifs de la mission Artemis I seront de confirmer les capacités de vol de la fusée lourde SLS et de démontrer les performances du bouclier thermique de la capsule Orion à son retour de l’orbite lunaire. Cependant, les ingénieurs espèrent atteindre une foule d’autres objectifs de test supplémentaires. Ces derniers permettront de mieux appréhender la manière dont fonctionne le vaisseau dans l’espace. À terme, ces données aideront les équipes à se préparer pour les futures missions habitées.

Enquête modale, système de navigation et Wifi

Parmi ces tests, la NASA et l’ESA (qui fabrique le module de service d’Orion) feront une enquête modale. Sur son module de service, Orion est équipé de vingt-quatre petits moteurs. Ces derniers sont chargés de déplacer le vaisseau spatial dans toutes les directions. Au cours de cette enquête, les chercheurs déclencheront de petits tirs de moteurs et mesureront leur impact sur les réseaux de panneaux solaires du véhicule.

Orion dispose également de deux caméras de navigation. Ces dernières seront chargées de savoir où se trouve le vaisseau spatial dans l’espace et dans quelle direction il va. Pour ce faire, l’une de ces caméras prendra des photos du champ d’étoiles autour de la capsule, de la Lune et de la Terre, et comparera les images à sa carte d’étoiles intégrée. La seconde caméra prendra quant à elle des images de la Lune et de la Terre pour aider à orienter le vaisseau en analysant la taille et la position des corps célestes dans l’image.

Au cours de la mission Artemis I, ces caméras seront testées plusieurs fois. Une fois certifiées, elles pourraient aider le véhicule à rentrer sur Terre tout seul en cas de perte de communication avec les équipes au sol.

Plusieurs caméras sont fixées aux extrémités des ailes des panneaux solaires du vaisseau. Elles communiqueront avec le contrôleur de caméra d’Orion grâce à un réseau Wifi intégré. Les contrôleurs de vol feront varier le positionnement des panneaux solaires pour tester la puissance du réseau pendant que les panneaux seront dans des configurations différentes. Ces tests permettront d’optimiser la rapidité avec laquelle les images prises par les caméras seront transmises aux enregistreurs embarqués.

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Illustration d’Orion autour de la Lune. Crédits : ESA

Panneaux solaires, transfert de fichiers et propulseur liquide

Les contrôleurs de vol utiliseront également les caméras des quatre ailes des panneaux solaires pour prendre des photos du module d’équipage et du module de service deux fois au cours de la mission. L’objectif sera d’identifier tout impact potentiel de micrométéoroïde ou de débris orbital.

Pendant la mission, les équipes utilisent le Deep Space Network pour communiquer avec le vaisseau et lui envoyer des données. Il s’agit d’un réseau de trois stations terriennes équipées d’antennes paraboliques. Cependant, les tests au sol n’incluent pas l’utilisation de ce réseau. Au cours d’Artemis I, les ingénieurs enverront des fichiers de données volumineux au véhicule pour savoir en combien de temps il peut les recevoir.

Enfin, rappelons que le propulseur liquide des réservoirs se déplacera différemment dans l’espace en raison de l’absence de gravité. Or, le mouvement de ce propulseur est difficile à modéliser sur Terre. Les ingénieurs profiteront donc de ce vol pour collecter des données.