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Quels sont les impacts de l’isolement social sur notre cerveau ?

Cela fait déjà plusieurs décennies que des chercheurs tentent de comprendre l’impact de la solitude sur notre corps et notre cerveau. Alors que des mesures de confinement continuent d’apparaître çà et là en raison de la crise actuelle, il faut garder à l’esprit que les contacts sociaux constituent un réel besoin de notre cerveau.

Cerveau et isolement social

Les scientifiques n’ont pas attendu la récente pandémie de Covid-19 pour s’intéresser aux effets de la solitude sur le corps et le cerveau humain. Le 29 mars 2021, le magazine Wired évoquait Donald Hebb (1904-1985), un psychologue canadien ayant mené une expérience dans les années 1950. L’intéressé avait rémunéré des étudiants afin que ces derniers restent seuls dans un espace réduit. Cette expérience était particulièrement extrême, car les sujets avaient les mains dans des tubes en carton, les oreilles recouvertes par un coussin et les yeux obstrués par des lunettes opaques. Donald Hebb avait alors observé une détérioration des facultés mentales.

Alors effectivement, les humains que nous sommes doivent très rarement faire face à un isolement social aussi intense. Toutefois, plusieurs études ont déjà montré que dans la vie quotidienne, le simple fait d’être seul pouvait nuire à la santé physique et mentale. Certains travaux avaient pointé l’avantage d’avoir de forts liens sociaux dans le quotidien. D’autres avaient établi des liens entre la solitude et la dépression, ou encore l’apparition de maladies cardiovasculaires.

Malgré toutes ces recherches, il aura fallu attendre l’année dernière pour que des chercheurs observent réellement les effets de l’isolement social sur notre cerveau. Selon l’étude publiée dans la revue Nature Neuroscience le 23 décembre 2020 par une équipe du Massachusetts Institute of Technology (MIT), les contacts sociaux représentent un besoin vital pour notre cerveau.

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Crédits : buy_me_some_coffee/Pixabay

Le cerveau “affamé” en cas de manque

Pour les besoins de leur étude, les chercheurs ont recruté quatre volontaires. Il leur a été demandé d’abandonner leurs smartphones, ordinateurs et autres tablettes puis de rester dans une seule pièce durant une dizaine d’heures. Afin de s’occuper, les participants pouvaient seulement écrire ou faire des puzzles. À la fin du temps imparti, les meneurs de l’étude ont réalisé des IRM fonctionnelles sur ces mêmes volontaires, et ce tout en leur montrant des images.

Lorsqu’il était question d’images relatives à un rapport social, leur cerveau “s’illuminait” au niveau des zones en lien avec les envies. Cette illumination était aussi intense que si l’on montrait des images d’aliments appétissants à des personnes ayant faim. Or, ces zones contiennent de nombreux neurones dopaminergiques, ces derniers définissant nos motivations et autres attentes face au monde extérieur. Le fait est que ces neurones s’activent lorsque notre cerveau anticipe une activité positive, comme avoir un contact social ou se nourrir. Le souci réside dans l’absence de satisfaction, rendant notre cerveau en quelque sorte “affamé” en raison du manque d’interactions sociales (ou de nourriture).

Pour les meneurs de l’étude, ce principe pourrait expliquer les conséquences néfastes de l’isolement sur le long terme. Il est logique que notre cerveau doive s’adapter, ce qui en soi n’est pas quelque chose de néfaste. En revanche, cette capacité d’adaptation n’est pas faite pour durer sur le long terme et c’est là que se situe justement le problème.