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Quelle est l’énergie déployée par un cumulonimbus, le roi des nuages ?

Crédits : flickr.

Derrière chaque orage sur Terre se cache un cumulonimbus. Des dix genres de nuages, c’est sans conteste le plus vigoureux. Aussi, il est directement connecté aux événements météorologiques violents – très souvent associés au temps orageux. Ainsi que nous le verrons dans cet article, la puissance déployée par un cumulonimbus peut être phénoménale.

S’étendant sur toute la hauteur de la troposphère, le cumulonimbus n’est pas surnommé le roi des nuages pour rien. En effet, c’est en sa présence que les phénomènes météorologiques violents tendent à se manifester. Pluie torrentielle, grêle, tornade, vents destructeurs, foudre et autres. Autant de colères de la nature qui marquent bien les excès de cet individu cotonneux.

Ajoutons à ce tableau les turbulences qui encombrent l’environnement à proximité – résultat de l’agitation faisant rage au cœur du monstre. Elles sont d’ailleurs bien connues des pilotes d’avion qui ont tout intérêt à les éviter.

Cumulonimbus : un véritable bouillonnement d’énergie 

Pour une personne suffisamment éloignée, la simple observation d’un nuage orageux en développement – en proie à des ambitions impérialistes – pourra renseigner sur l’énorme quantité d’énergie mise en jeu. L’aspect bouillonnant, la forme en chou-fleur des cheminées ascendantes grossissant à vue d’œil en sont la manifestation la plus explicite.

Dans les cas les plus extrêmes, ces dernières peuvent s’étendre jusqu’à une vingtaine de kilomètres d’altitude. En butant sur la tropopause – couvercle de stabilité -, elles finissent par s’étaler horizontalement en formant l’enclume si caractéristique du cumulonimbus.

cumulonimbus
Nuages d’orage vu à distance. On observe le bouillonnement caractéristique signalant une cellule en maturation. Crédits : Pixabay.

Pour l’observateur situé juste sous ces énormes masses d’eau condensée, il va sans dire que l’allure chaotique du ciel et le déchaînement des éléments qui suivra bientôt parlent d’eux-mêmes.

Une puissance phénoménale mise en jeu

Si l’on se réfère au chiffre donné dans l’excellent livre de Jean-Pierre Chalon, la puissance fournit par condensation de la vapeur d’eau – carburant de la convection orageuse – dans un seul cumulonimbus peut dépasser les 20 000 milliards de watts. Autrement dit, un flux d’énergie de 20 000 milliards de joules par seconde. Une puissance plus importante que celle de toutes les centrales électriques réunies actuellement installées sur le territoire français !

Ces chiffres nous rappellent que l’eau est une substance capable de transporter l’énergie de façon très efficace. En effet, la condensation d’un seul kilogramme d’eau libère environ 2,5 millions de joules. De quoi alimenter une ampoule de 100 watts pour plus de 7 heures.

Ainsi, le cycle hydrique – évaporation, condensation… – participe activement au transport d’énergie dans l’atmosphère. Il contribue à limiter le déséquilibre thermique entretenu entre les pôles et les tropiques et entre le sol et la haute atmosphère. Par ailleurs, via la précipitation qui accompagne le processus de condensation, il fournit l’eau nécessaire à la vie sur les continents. Autrement dit, il représente un des facteurs qui rendent notre planète vivable – lequel ne saurait être déprécié par les sautes d’humeur du roi des nuages.

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