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Quelle est cette tique potentiellement mortelle qui envahit la France ?

Crédits : Institut de la santé publique et de l'environnement des Pays-Bas

La tique à pattes rayées, sous surveillance en France depuis maintenant cinq ans, semble envahir de plus en plus notre pays. Plus imposante que la moyenne, cette tique n’est pas un danger pour les animaux. Mais elle l’est pour les humains, chez qui elle peut parfois être fatale. 

Plusieurs départements concernés

L’espèce de tique dont il est question ici est la tique à pattes rayées (Hyalomma marginatum). Méditerranéenne, celle-ci tend à se propager vers le nord depuis le début du 21e siècle. Dans un communiqué de presse publié le 19 juin 2020, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) de Montpellier donne davantage de précisions à son sujet. Parfois qualifiée de “tique géante”, la Hyalomma marginatum peut mesurer jusqu’à 8 mm de long, ce qui est plus imposant que la moyenne. Toutefois, d’autres espèces peuvent parfois atteindre la même taille. Autrement dit, il est exagéré de la qualifier de géante.

L’équipe du parasitologue Frédéric Stachurski dit étudier la tique à pattes rayées depuis 2015. Si sa présence en Corse date de plusieurs décennies, son arrivée sur le continent reste difficile à dater. En tout cas, elle se déplace dans des zones qui lui sont favorables, c’est-à-dire des milieux chauds et secs. En France, plusieurs départements sont désormais touchés par un nombre important de tiques à pattes rayées : les Pyrénées-Orientales, l’Aude, l’Hérault, le Gard, les Bouches-du-Rhône, le Var ainsi que le sud de l’Ardèche.

« Nous étudions son installation, sa niche écologique, et sa tolérance à diverses températures, humidités, régimes de pluie, pour comprendre les facteurs qui expliquent son extension. Pour cette raison, nous sommes intéressés par tous les signalements faits par des éleveurs ou des particuliers qui la reconnaîtraient » peut-on lire dans le communiqué.

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Crédits : Adam Cuerden / Wikipedia

Vecteur d’une maladie mortelle pour l’Homme

Si la Hyalomma marginatum est surveillée de très près, la raison se trouve dans sa propagation mais surtout parce que celle-ci est un vecteur de maladies. La tique peut attaquer les chevaux, le bétail et les animaux sauvages (sangliers, chevreuils, etc.) sans représenter un danger pour leur vie.

Toutefois, en ce qui concerne les humains, les risques sont bien réels. En effet, la tique peut être le vecteur d’une maladie particulière : la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (FHCC). Cette maladie non présente en France est causée par un virus du genre Nairovirus. Or, le fait est que des cas sporadiques et des flambées épidémiques se produisent régulièrement.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), cette maladie fait l’objet d’un taux de létalité compris entre 10 et 40 %. Depuis la fin des années 1970, un grand nombre de cas a été notifié en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, en Irak, à Oman et au Pakistan. Ces dernières années, des cas de fièvre hémorragique ont été signalés en Afghanistan (2008 et 2012), en République islamique d’Iran (2003 et 2012), en Iraq (1979, 2010), au Pakistan (1976, 2000 et 2012) et au Soudan (2010).

Enfin, si la morsure de la tique est indolore, celle-ci peut transmettre d’autres agents pathogènes. Il peut notamment s’agir de la bactérie Rickettsia, qui cause la fièvre boutonneuse méditerranéenne. Les trois symptômes de cette maladie sont la fièvre, l’exanthème ainsi que l’apparition d’une tache noire à l’endroit de la morsure. Très peu mortelle, cette fièvre désagréable est généralement soignée par antibiothérapie.

Pour rappel, en 2019, l’Institut national de la santé publique et de l’environnement (RIVM) avait déjà évoqué l’envahissement de l’Europe par la tique à pattes rayées, avec notamment une présence jusqu’aux Pays-Bas !