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Quelle est cette nouvelle technologie d’édition du génome baptisée SATI ?

Crédits : Salk Institute for Biological Studies

Un institut américain de recherche en biologie est à l’origine d’une nouvelle technique de modification génétique. Or, celle-ci offrirait de nombreuses possibilités de mutations au niveau des organismes vivants, tout en se montrant moins dangereuse que les ciseaux génétiques CRISPR-Cas9.

Quelle est cette nouvelle technologie ?

Dans un communiqué, les chercheurs du Salk Institute for Biological Studies (États-Unis) ont présenté une nouvelle technique d’édition génétique. Il s’agit de SATI, signifiant “Single homology Arm donor mediated intro-Targeting Integration”. Celle-ci se base sur l’Intégration ciblée indépendante de l’homologie (HITI), un dérivé des ciseaux génétiques CRISPR-Cas9.

Des tests ont d’ores et déjà été effectués sur des souris atteintes de progéria, une maladie causant un vieillissement précoce. Or, l’outil SATI a permis d’offrir à ces animaux un allongement de 45 % de leur durée de vie ainsi qu’une réduction des effets du vieillissement. Les meneurs de l’étude ont estimé à 1 % la part du génome codant les protéines. Le reste serait relatif à de l’ADN “sombre” non codant. Or, il s’agit de cibler précisément les zones incapables de coder afin de mieux contrôler l’expression des gènes.

« Nous avons cherché à créer un outil polyvalent pour cibler ces régions non codantes de l’ADN, qui n’affecterait pas la fonction du gène et permettrait de cibler un large éventail de mutations et de types de cellules », a expliqué Mako Yamamoto, co-auteur de l’étude parue dans la revue Cell Research le 23 août 2019.

Un neurone ciblé en utilisant la technologie SATI.
Crédits : Salk Institute for Biological Studies

Encore des progrès à réaliser

Il faut tout de même savoir que les tests ont permis à l’équipe du Salk Institute de penser que les humains atteints de progéria pourraient gagner 10 années de vie supplémentaires ! Par ailleurs, les chercheurs pensent pouvoir guérir des patients touchés par la maladie de Huntington, une terrible maladie héréditaire et orpheline. Celle-ci se traduit par une dégénérescence neurologique provoquant d’importants troubles moteurs, cognitifs et psychiatriques. Ce déclin se poursuit jusqu’à une totale perte d’autonomie avant le décès.

Avant que l’outil SATI fasse éventuellement l’objet d’une démocratisation, les chercheurs poursuivent actuellement leurs recherches. Ces derniers désirent notamment augmenter le nombre de cellules qui peuvent intégrer l’ADN plus sain, et ce afin de rendre l’outil plus efficace. Il est possible que SATI représente une alternative moins dangereuse à CRISPR. En effet ces derniers temps, les célèbres ciseaux génétiques font polémique. Il est question de dommages involontaires de l’ADN et de potentiels futurs impacts sur les fonctions cognitives.
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