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Quel genre de cris humains nous affectent le plus ?

Crédits : marysia_ / Flickr

Les cris de peur sont peut-être ceux qui nous viennent en tête le plus facilement. Toutefois, l’être humain utilise le cri afin d’exprimer six émotions différentes ! Or, une récente étude suggère que nous serions plus susceptibles d’entendre des cris positifs.

Une étape évolutive majeure

Les primates utilisent le cri pour exprimer soit la colère, soir la peur et uniquement ces deux émotions. En revanche, les humains crient pour exprimer six émotions différentes. Il s’agit de la colère, la peur ainsi que le plaisir, la joie, la tristesse et la douleur. Selon une étude publiée dans la revue Plos One le 13 avril 2021, les humains détectent et déchiffrent plus rapidement les cris positifs que les cris alarmants.

Sascha Frühholz de l’Université de Zurich (Suisse) et auteur principal de l’étude estime que les résultats des travaux sont très surprenants. Rappelons tout de même que la Science suppose de manière générale que le système cognitif des primates et des humains est spécifiquement réglé pour détecter les signaux de danger et de menace dans leur environnement. Il s’agirait en somme d’un mécanisme de survie.

Néanmoins, ceci ne serait pas tout à fait exact. Chez les humains, la communication par le cri semble s’être largement diversifiée au fil des âges. Ceci représente donc une étape évolutive majeure. Sascha Frühholz a expliqué qu’effectivement, les humains partagent avec d’autres espèces la possibilité de signaler un danger en criant. Toutefois, seuls les Hommes peuvent utiliser le cri afin de communiquer des émotions positives.

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Crédits : EvgeniT/Pixabay

Quatre expériences psychoacoustiques

Dans le cadre de leurs travaux, les chercheurs ont mené pas moins de quatre expériences sur une douzaine de participants. Il s’agissait d’expériences psychoacoustiques ayant pour but d’observer chez ces volontaires les rapports entre leurs perceptions auditives et les sons qu’ils entendent. Par exemple, une des expériences consistait à leur faire écouter des cris en subissant simultanément une imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf). Selon les résultats, le cerveau des participants réagissait plus rapidement et plus précisément aux cris « non alarmants ». Autrement dit, les réactions sont plus prononcées lorsqu’il est question de cris positifs.

Mais comment expliquer ce phénomène ? Sascha Frühholz a livré son hypothèse. Dans leur quotidien, les humains doivent faire face à des situations et des signaux sociaux plus complexes que les primates. Ainsi, ils seraient plus enclins à entendre – dans leur entourage social – des expressions en lien avec la joie, le plaisir ou encore la surprise que des expressions en peur. Ceci leur permettrait donc de réagir de manière plus rapide et précise.