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Que sont ces “paillettes” retrouvées dans le ventre d’un tardigrade ?

Crédits : Rafael Martín-Ledo

Un biologiste a récemment observé un tardigrade avec un contenu étrange et brillant à l’intérieur de son ventre. De quoi s’agit-il ? La question divise les chercheurs.

La nature n’a pas fini de nous surprendre. En témoigne cette nouvelle découverte signée du biologiste Rafael Martín-Ledo. L’homme explique en effet être tombé il y a  quelques semaines sur un étrange tardigrade au bord de la rivière Saja, dans le nord de l’Espagne. En utilisant la microscopie à contraste de phase, qui permet d’observer les détails des milieux transparents et incolores qui ne se différencient que par un faible déphasage de la lumière, le chercheur a mis en évidence un estomac rempli de “paillettes”. Il a récemment partagé une vidéo de cet organisme sur Twitter :

De quoi s’agit-il ?

La question qui se pose maintenant est : qu’est-ce que ce tardigrade a dans le ventre ? Pas de véritables paillettes, bien entendu. Pour le moment, sans études approfondies, difficile de répondre à la question. Le biologiste avance néanmoins une hypothèse. Il pourrait, selon lui, s’agir d’aragonite, une forme cristalline de carbonate de calcium souvent retrouvée dans les coquilles des animaux marins. Et cet aragonite pourrait provenir… de son appareil buccal.

Nous savons en effet que les tardigrades présentent une longue bouche tubulaire, armée de dents minuscules appelées stylets. Ces structures, le tardigrade s’en sert pour se nourrir en aspirant les liquides de ses proies. Plantes ou insectes, par exemple. Il faut également savoir que le tardigrade, comme beaucoup d’organismes sur Terre, mue régulièrement. Pour le chercheur, ce serait pendant l’une de ces phases de mue que ce petit ourson d’eau aurait malencontreusement avalé ses stylets aragonite. Autrement dit, il aurait “avalé ses dents”.

Ce n’est qu’une hypothèse, à laquelle n’adhèrent pas tous les chercheurs. Comme le biologiste moléculaire Kazuharu Arakawa, de l’Université Keio au Japon. Lui avance que ces cristaux d’aragonite pourraient avoir été ingérés à partir d’algues ou de bactéries consommées par le tardigrade. Difficile d’en savoir plus pour le moment, mais les chercheurs prévoient d’étudier le problème plus en profondeur au cours de ces prochaines semaines.

Des organismes hors du commun

Toujours est-il que ces petits oursons d’eau restent aujourd’hui quelques-uns des organismes les plus fascinants de la planète. Ils sont en effet capable de résister à d’énormes quantités de rayonnement, à des températures allant de 150 °C à d’autres proches du zéro absolu. Ou encore de tenir tête à des pressions jusqu’à six fois plus fortes que dans les profondeurs de l’océan. On apprenait également récemment que les tardigrades sont tellement robustes qu’ils pourront assister à la mort de notre Soleil, dans 5 millions d’années environ.

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