in

Que sont ces motifs intrigants aux pôles de Jupiter ?

Jupiter vortex
Crédits : NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS et CharlVera/Pixabay

Depuis les analyses de la géante gazeuse par la sonde Juno en 2016, les scientifiques tentent de percer les secrets qu’abrite Jupiter. Présumée sœur jumelle ratée du Soleil, la plus grosse planète de notre système stellaire a clairement laissé entrevoir sur ses pôles des motifs géométriques éblouissants de régularité, jusque-là inédits aux yeux des astronomes.

Jupiter, une planète au climat tumultueux

Comme nous le présente l’étude dans la célèbre revue Nature, les cyclones de Jupiter sont fascinants de gigantisme, mais également de symétrie. Larges de 2000 à 3500 km, ces terribles tempêtes n’ont absolument rien perdu de leur superbe depuis six ans, date de leur découverte. Par ailleurs, la géante planétaire possède neuf vortex stables au niveau de sa zone septentrionale, contre six au sud.

Jupiter vortexCrédits : NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS

Les chercheurs, après modélisations sur ordinateur de ces tempêtes polaires joviennes, ont révélé des enceintes formées par des anticyclones (tournant en direction opposée) autour de chacune d’entre elles. Ils confineraient ainsi ces ouragans, leur permettant de subsister des années durant, ce qui causerait ces formes polygonales véritablement inusuelles dans la nature.

Jupiter vortex
Crédits :
NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS

Des modélisations pour expliquer leur formation

Grâce aux lois de la mécanique des fluides et aux données récoltées sur place par la sonde, l’équipe américaine a su numériser les étranges vortex de Jupiter. Avant d’arriver aux résultats définitifs, le parfait dosage des caractéristiques atmosphériques a demandé du temps. Au départ, certaines tornades subissaient une coalescence si les « barrières » d’anticyclones se montraient trop faibles. À l’inverse, les tempêtes s’éloignaient les unes des autres si les conditions d’isolement étaient trop fortement appuyées.

C’est pourquoi de nombreuses simulations ont ainsi été menées, afin de retranscrire les observations de Juno. La vitesse des tourbillons, leur épaisseur et densité volumique, ainsi que la puissance des courants anticycloniques maintenant le confinement aux pôles et ceinturant chaque tornade se sont vus graduellement ajustés, pour enfin aboutir à une modélisation reflétant la réalité.

Tant d’éléments restent à dévoiler

Ces nuages déchainés ne sont pas sans rappeler la fameuse Grande Tache rouge. Scrutée pour la première fois en 1665, cette extraordinaire tempête, d’une taille supérieure à celle de la Terre, sévit encore de nos jours. Un phénomène qui demeure même visible depuis nos télescopes amateurs au sol.

Pour l’instant, l’étude de l’atmosphère jovienne ne peut se réaliser qu’à distance, la technologie actuelle ne permettant pas de résister au terrible climat qui règne sur la planète. Mais cela n’arrête en rien les astrophysiciens, leur motivation se montrant renforcée par la présence (nous le savons depuis plusieurs années) de géantes gazeuses partout dans la Voie lactée.

En tout cas, notre géante à nous continue d’intriguer les spécialistes, qui n’en ont pas fini avec les secrets qu’elle renferme. En outre, il est certain qu’une multitude de nouvelles connaissances se cache à travers l’épaisse couche de gaz qui compose Jupiter. Qui plus est, chaque mission spatiale nous permet de contempler des clichés tout bonnement sensationnels et jamais vus auparavant, dont nos yeux, avides de nature céleste, s’émerveillent avec délectation.