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Ces formations nuageuses restent encore un mystère

Crédits : NASA Earth Observatory.

Dérivant discrètement au-dessus des mers tropicales, d’étonnantes formations nuageuses semblables à des cyclones tropicaux miniatures rythment les images fournies par les satellites d’observation de la Terre. Ainsi que nous le verrons dans cet article, si l’existence du phénomène est connue de longue date, le mécanisme en cause reste encore aujourd’hui bien incertain.

Dans la bande tropicale et subtropicale, le développement de tourbillons nuageux concentrés se trouve communément associé à la convection orageuse. Autrement dit, à la genèse des cyclones tropicaux. Les météorologues parlent de convection profonde pour désigner les circulations qui animent ces grands cumulus et cumulonimbus, car elles brassent la troposphère sur toute son épaisseur.

Toutefois, la modeste convection qui transforme une couche de stratus en banc de stratocumulus a également une propension à organiser et concentrer des tourbillons. Ces derniers sont cependant beaucoup moins connus, non seulement car leur influence météorologique est essentiellement anecdotique (bruine, légères rafales de vent, etc.), mais également car leur dimension horizontale et surtout verticale est bien plus réduite.

formations nuageuses
Nuages actiniformes à l’ouest de la côte australienne. Notez la consolidation d’un œil nettement visible dans la formation la plus septentrionale. Crédits : NASA Earth Observatory.

Des formations nuageuses qui gardent encore leurs secrets

Vues depuis l’œil des satellites météorologiques, ces formations de convection peu profonde rappellent le motif en rayon des feuilles ou des roues de wagons. C’est précisément en raison de cette organisation radiale très particulière que l’on parle de nuages actiniformes – du latin actino pour rayon. Limités aux 2000 à 3000 premières mètres au-dessus du sol, ils se forment régulièrement à l’est des océans tropicaux, là où les stratocumulus sont très présents pour cause de régime anticyclonique et d’une eau de mer relativement froide.

Par ailleurs, et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce phénomène ne constitue pas une découverte récente. En effet, la première observation de nuages actiniformes remonte à août 1962. Le cliché, alors capturé par le satellite TIROS-V de la NASA, apparaît ci-dessous. Malgré cette connaissance de longue date, le mécanisme physique qui conduit un banc de stratocumulus marins à évoluer en formations actiniformes reste encore bien mystérieux. Selon certains chercheurs, les aérosols salins produits par la mer joueraient un rôle important. Mais cette explication, en plus de n’être que partielle, est également loin de faire consensus.

Crédits : capture vidéo / NOAA & NASA Goddard Space Flight Center.

Avec l’arrivée d’instruments toujours plus perfectionnés, il est désormais possible d’observer ces organisations avec une précision sans précédent. La formation d’un œil de nuages bas au centre du motif est par exemple un élément surprenant – penchant inoffensif de l’œil du cyclone tropical – qui continue de fasciner. Des recherches futures dédiées à l’étude de ces étonnants systèmes pourraient apporter des informations fortes sur la façon dont les nuages affectent le climat et comment ce dernier influence en retour les nuages. Des sujets majeurs en contexte de réchauffement global de la planète.

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