in

Que devient le rover chinois sur la face cachée de la Lune ?

Crédits : CLEP / CNS

Yutu 2, le premier rover à atterrir en toute sécurité de l’autre côté de la Lune, poursuit tranquillement son travail depuis près de quatre ans. Initialement, sa mission ne devait durer que 90 jours terrestres.

Le 3 janvier 2019, la Chine s’illustrait une fois de plus dans le domaine spatial en posant un premier atterrisseur et son rover en douceur sur la face cachée de la Lune dans le cadre de sa mission Chang’ e-4. Les deux machines évoluent actuellement à l’intérieur du cratère Von Karman, dans le bassin du pôle Sud-Aitken, le plus grand cratère d’impact du Système solaire.

La Chine n’avait pas communiqué sur l’avancée de sa mission depuis plusieurs mois. Mais nous venons de profiter d’une petite mise à jour proposée dans le cadre de la fête de la mi-automne du calendrier chinois, ou fête de la Lune.

Yutu 2 fait durer le plaisir

Visiblement, tout se passe très bien pour l’engin à énergie solaire. Aux dernières nouvelles, le rover aurait déjà parcouru un total de 1 300 mètres en direction du nord-ouest de son point d’atterrissage. Yutu 2 fonctionne également depuis plus de 1 340 jours. Aucun rover lunaire ne s’est illustré aussi longtemps sur la surface de notre satellite.

Pour collecter ses données, le véhicule s’appuie sur des caméras panoramiques, un radar de pénétration lunaire (LPR) et un spectromètre d’imagerie visible et proche infrarouge. Ces appareils peuvent étudier la topographie, la composition minérale et la structure peu profonde de la surface lunaire. L’objectif principal de cette mission est d’identifier de la roche basaltique. Leurs analyses pourraient permettre de mieux appréhender l’histoire de la surface locale.

Au cours de son périple, Yutu a été confronté à plusieurs étrangetés, dont une grosse pierre de forme très carrée. Après avoir fait un détour pour inspecter les lieux d’un peu plus près, les scientifiques chinois ont affirmé qu’il ne s’agissait que d’une simple roche excavée suite à l’impact de météorites. Plus récemment, le rover est également tombé sur des perles de verre translucides. Ces dernières se sont probablement formées lors d’impacts de météorites.

En attendant la prochaine mise à jour, rappelons que la Chine vient d’approuver ses trois prochaines missions lunaires.

D’ici environ deux ans, Chang’e 6 tentera de se poser lui aussi de l’autre côté de la Lune pour collecter des échantillons et les rapporter sur Terre. Les missions Chang’e 7 et Chang’e 8 prépareront ensuite l’arrivée des futurs astronautes chinois au niveau du pôle sud lunaire. La première impliquera le déploiement de cinq engins spatiaux (un orbiteur, un satellite relais, un atterrisseur, un rover et probablement un drone capable de rechercher des traces de glace d’eau dans les cratères environnants). La seconde testera plusieurs technologies permettant notamment l’extraction et la transformation de glace d’eau.