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Quatre théories du complot qui se sont avérées tout à fait vraies

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Capture d'écran du film Signes. Crédit : Touchstone Pictures

La Terre est plate, la Finlande n’existe pas, les roux sont des Aliens, les humains n’ont jamais été sur la Lune… Les théories du complot, même les plus farfelues, ont toujours trouvé leur public. Malgré tout, il arrive parfois que certaines d’entre elles se rapprochent plus ou moins de la réalité. En voici quelques-unes.

Le gouvernement peut envoyer des messages secrets dans votre cerveau

Si le sujet était traité dans un film américain, on verrait forcément un hurluberlu coiffé d’un chapeau en aluminium dans une caravane en plein désert. Toutefois, si l’idée que le gouvernement puisse envoyer des messages secrets dans votre cerveau pour contrôler vos pensées peut paraître absurde, sur le papier, c’est tout à fait faisable.

« L’ouïe des micro-ondes est un phénomène décrit par les observateurs humains comme les sensations de bourdonnement, de tic-tac, de sifflement ou de cognement qui proviennent de l’intérieur ou immédiatement derrière la tête« , peut-on lire un rapport déclassifié du Pentagone de 2006 intitulé Bioeffects of Selected Non-Lethal Weapons. « Cette technologie dans sa forme la plus grossière pourrait être utilisée pour distraire les individus ; s’il est raffiné, il pourrait également être utilisé pour communiquer avec des otages via le code Morse ou d’autres systèmes de messagerie, éventuellement même par communication vocale« .

Le rapport évoque également des armes capables de provoquer des convulsions ou des fièvres dans le but neutraliser un adversaire. Il ne mentionne aucun test de ces engins spécifiques, mais souligne que la technologie de tels dispositifs n’est pas une chimère futuriste : « L’équipement nécessaire pour explorer ce concept en laboratoire est déjà disponible« , peut-on lire.

La bonne nouvelle est que les théoriciens du complot ont aussi raison sur autre chose. « Étant donné que cette technologie utilise l’énergie radiofréquence, elle peut être vaincue par l’utilisation d’un blindage fourni par des barrières conductrices telles que du métal ou des écrans métalliques« , admet le rapport. Autrement dit, l’idée du chapeau en aluminium n’est peut-être pas si mal.

La CIA veut vous manipuler en utilisant des drogues

C’est l’une des théories du complot les plus populaires, mais là encore, les conspirationnistes ont vu juste.

Revenons à une époque bien particulière : celle de la guerre froide. Au début des années 50, le gouvernement américain allait entrer dans ce qui serait plus tard reconnu comme sa phase « crédule » d’anticommunisme. On pensait alors que les Soviétiques pouvaient laver votre cerveau.

Tout a commencé lorsqu’un groupe de soldats américains de retour de Corée commença soudainement à avouer de terribles crimes de guerre. Il s’était avéré plus tard que ces hommes avaient simplement été torturés et qu’ils étaient traumatisés. À l’époque, cependant, les services de renseignement américains avaient évoqué une explication plus « mystique » à ces révélations : d’une manière ou d’une autre, les communistes auraient exploité le pouvoir du contrôle mental.

Très vite, la CIA décida de maîtriser à son tour cette capacité et décida d’utiliser LSD pour y parvenir, qui avait été développé une quinzaine d’années plus tôt.

« Dans les années 1950 et au début des années 1960, l’agence a donné des médicaments psychotropes à des centaines d’Américains sans méfiance dans le but d’explorer les possibilités de contrôler la conscience humaine« , rapportait ainsi le New York Times en 1999. « Beaucoup de ces cobayes humains étaient des malades mentaux, des prisonniers, des toxicomanes et des prostituées« .

Le projet MK-Ultra aurait duré deux décennies en tout est pour tout. Au cours de cette période, aucune technique de contrôle de l’esprit basée sur le LSD n’aurait été découverte. En fin de compte, dans un accès de paranoïa gouvernementale à la suite du scandale du Watergate, la plupart des documents de la CIA concernant le projet ont été détruits. On ignore donc le nombre de décès imputés à ces essais.

LSD
Crédits : DavidZydd / Pixabay

La gratuité des soins de santé : une astuce pour laisser le gouvernement vous empoisonner

L’expérience Tuskegee est une étude clinique qui a été menée dans la petite ville de Tuskegee en Alabama (3 300 habitants pauvres à l’époque) par des médecins américains. Elle visait à mieux comprendre l’évolution de la syphilis lorsqu’elle n’était pas traitée. Les médecins se reposaient sur l’idée (profondément raciste) que les Noirs étaient en quelque sorte « racialement » destinés à ne pas rechercher de traitement pour leurs maladies.

Au début des années 1930, des chercheurs avaient enrôlé 600 métayers afro-américains, parmi lesquels 399 avaient déjà contracté la syphilis, tandis que les autres n’étaient pas encore contaminés. En échange de leur participation, tous ces hommes ont reçu des soins médicaux, des repas et une assurance entièrement gratuite.

L’étude, qui ne devait durer que six mois, s’est en réalité étalée sur… 40 ans. Même après que le financement pour leurs soins a été stoppé, l’étude continua sans que les participants soient au courant du fait qu’ils étaient malades. Ils n’ont par ailleurs pas été traités, alors même que la pénicilline avait déjà fait ses preuves à l’époque.

Le scandale éclata finalement dans les années 1970 grâce au médecin Peter Buxtun. À ce moment-là, 28 des participants étaient décédés de la syphilis et 100 autres étaient morts de complications connexes. Au moins 40 épouses des personnes inscrites avaient été diagnostiquées avec la maladie et 19 enfants l’avaient contractée à la naissance.

Ce scandale fut à l’origine du rapport Belmont de 1979 qui établit depuis les principes fondamentaux de la bioéthique en ce qui concerne l’expérimentation humaine. À cette occasion fut également créé l’Office for Human Research Protections chargé de l’examen des protocoles expérimentaux et du respect des principes éthiques.

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Médecin prélevant du sang sur un patient dans le cadre de l’étude Tuskegee sur la syphilis
Crédits : Archives nationales Atlanta

Des centaines d’ET enterrés au Nouveau-Mexique

Évidemment, on pense tout de suite à Roswell et à la zone 51, mais ce n’est sûrement qu’une légende urbaine… n’est-ce pas ? En réalité, là encore, les conspirationnistes ont encore eu raison… du moins en quelque sorte.

En 1982, cherchant à exploiter le marché encore de niche qu’était l’industrie des jeux vidéo, Steven Spielberg enrôla un jeune programmeur nommé Howard Scott Warshaw pour concevoir un jeu vidéo dérivé de son film E.T., l’extra-terrestre pour la console Atari 2600. Complètement raté, il est aujourd’hui considéré comme l’un des pires jeux vidéo de tous les temps.

Pour ne rien arranger, il fut développé juste avant le désormais tristement célèbre Krach du jeu vidéo de 1983. Au cours de cette récession massive de l’industrie, l’américain Atari, leader mondial du marché, avait subi des pertes financières abyssales. De nombreux autres constructeurs de consoles et autres entreprises liées à cette activité avaient également déclaré faillite.

Au bout du compte, le jeu vidéo ET fut un tel flop que les responsables d’Atari décidèrent simplement d’enterrer les cartouches invendues dans le désert du Nouveau-Mexique. En 2015, elles ont finalement été déterrées et vendues, rapportant plus de 108 000 dollars US dans les coffres de la ville locale.

Brice Louvet

Rédigé par Brice Louvet

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.