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Il n’y aurait pas une… mais quatre espèces de manchots papous

Crédits : Serge Ouachée/Wikipédia

Selon une équipe de chercheurs, il n’existerait pas une, mais bien quatre espèces de manchots papous. Toutes sont légèrement différentes en forme ou en taille et peuvent être distinguées par leur ADN. Ces travaux pourraient permettre d’adapter les mesures de conservation à chacune d’entre elles.

Les manchots papous (Pygoscelis papua) vivent sous différentes latitudes dans l’hémisphère sud, et sont actuellement divisés en deux sous-espèces. D’un côté Pygoscelis papua ellsworthi et d’un autre Pygoscelis papua papu a. Du moins, c’est ce que pensaient les chercheurs jusqu’à aujourd’hui. En réalité, ces oiseaux pourraient se distinguer en quatre espèces bien distinctes. C’est en tout cas la conclusion d’une équipe de biologistes de l’Université de Bath (Grande-Bretagne) qui publie ses travaux dans la revue Ecology and Evolution.

Dans le cadre de cette étude, le Dr Younger et son équipe ont examiné les génomes de manchots papous évoluant dans les îles Falkland et en Géorgie du Sud, dans le sud de l’océan Atlantique. Ils ont également examiné ceux des îles Kerguelen (océan Indien) et ceux des îles Shetland du Sud (péninsule Antarctique). Les chercheurs ont effectué des analyses génétiques sur plusieurs de ces populations. Ils ont également complété ces données avec des analyses morphologiques menées dans différents musées (longueur des os, taille et forme du bec, etc.).

Quatre espèces distinctes

Au terme de leurs examens, les biologistes ont finalement isolé des différences nettes entre quatre populations. D’après eux, les deux sous-espèces auparavant connues devraient être reconnues en tant qu’espèces. Nous aurions alors Pygoscelis ellsworthi dans les îles Shetland du Sud (péninsule Antarctique) et Pygoscelis papua dans les îles Falkland. Ils proposent également à l’UICN de considérer deux nouvelles espèces. À savoir Pygoscelis poncetii (en Géorgie du Sud) et Pygoscelis taeniata (îles Kerguelen).

Pour la première fois, nous avons montré que ces manchots sont non seulement génétiquement distincts, mais qu’ils sont également physiquement différents“, a déclaré la Dre Jane Younger. “Les quatre espèces que nous proposons vivent sous des latitudes assez différentes. Par exemple, P. ellsworthi vit sur le continent antarctique, tandis que P. poncetii, P. taeniata et P. papua vivent plus au nord où les conditions sont plus clémentes. Il n’est donc pas surprenant qu’elles aient évolué pour s’adapter à leurs différents habitats“.

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Des manchots papous descendent un sentier pour aller se laver en mer. Crédits : Kounilig/Wikipédia

Pour l’heure, ce n’est qu’une suggestion. Si ce “réaménagement” des effectifs devait néanmoins être adopté officiellement, cela pourrait permettre aux écologistes d’adapter les différentes mesures de conservation. Jusqu’à présent, les manchots papous n’étaient pas considérés comme très menacés par l’UCIN, leur population étant relativement stable depuis plusieurs années (environ 770 000 adultes). En réalité, les auteurs soulignent que les deux espèces P. taeniata et P. poncetii montrent déjà des signes de déclin.