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Quand le confinement permet de réduire le “bourdonnement” humain

Crédits : Wikimedia Commons

Des chercheurs canadiens ont enregistré une baisse du “bourdonnement” humain durant le confinement. Il s’agit de la plus importante période de silence jamais enregistrée. Par ailleurs, les meneurs de l’étude proposent une nouvelle technique pour étudier les dynamiques de populations.

Une forte baisse des vibrations humaines

Le confinement et l’importante baisse des activités humaines ont eu un impact positif sur l’environnement. Différentes observations ont notamment permis de noter une importante réduction de la pollution atmosphérique, que ce soit en Chine, en Inde ou encore en Europe. De plus, le jour du dépassement de la Terre a reculé de trois semaines.

Toutefois, l’impact se situe également au niveau du “bourdonnement” humain, selon une étude publiée dans la revue Science le 23 juillet 2020. Rappelons que ce bourdonnement n’est autre que les vibrations à haute fréquence issues des activités humaines du monde entier. Or, les sismographes de l’Université McGill (Canada) ont expliqué que ces vibrations avaient accusé une forte baisse. Il est même question d’une réduction de moitié dans certaines régions !

« Les effets environnementaux du confinement sont vastes et variés, y compris la réduction des émissions dans l’atmosphère et la réduction du trafic et de la pollution sonore affectant la faune. Cette nouvelle étude est la première étude mondiale sur l’impact de cette période tranquille – appelée l’anthropause – sur la Terre solide sous nos pieds » peut-on lire dans un communiqué de l’Université McGill.

Une situation jamais observée auparavant

L’étude considère le travail de 76 chercheurs dans 27 pays et des données provenant de près de 300 stations sismiques aux quatre coins du globe. Pour les sismologues, il s’agit de la plus longue et de la plus importante période de silence jamais enregistrée. Il faut rappeler qu’habituellement, les sismographes se trouvent dans des zones rurales afin d’éviter le bourdonnement. Or, durant le confinement, des signes de séismes naturels ont été enregistrés par des capteurs en zone urbaine alors qu’en général, ceux-ci sont souvent masqués par le bruit urbain.

reduction vibrations activités humaines
Crédits : Université McGill

Il s’avère également que les sismologues ont pu observer cette baisse des activités humaines à plusieurs centaines de mètres de profondeur ! Les observations ont été les mêmes dans les grandes villes, les zones industrielles mais également certaines zones moins urbanisées. Or, étant donné que l’urbanisation est croissante, il est important de bien distinguer le bourdonnement humain des réelles vibrations de la Terre pouvant annoncer un tremblement de terre.

Enfin, les meneurs de l’étude soulignent que leurs recherches peuvent être utiles pour l’observation des dynamiques de populations en temps réel. Habituellement, un ralentissement économique peut être observé au moyen d’un suivi des téléphones portables. Toutefois, il s’agit là d’une méthode assez peu respectueuse de la vie privée. Ainsi, la nouvelle technique des chercheurs utilisant des sismographes représente donc une alternative plutôt intéressante.