Le rhume, cette affection banale, mais omniprésente, accompagne l’expérience humaine depuis des temps immémoriaux. Mais quand exactement nos ancêtres ont-ils commencé à succomber à ce malaise saisonnier ? C’est une question complexe, car les virus responsables du rhume sont difficiles à détecter dans les restes humains. Cependant, les chercheurs ont tenté de démêler ces mystères à travers une combinaison d’archéologie, de génétique et d’épidémiologie.
À la recherche de preuves archéologiques du virus du rhume
La recherche de preuves archéologiques des premiers virus du rhume représente un défi de taille. Les virus à ARN, responsables de la majorité des rhumes, se dégradent rapidement. Contrairement à l’ADN, qui est plus stable et peut résister à des conditions environnementales difficiles pendant de longues périodes, l’ARN est en effet plus fragile. Sa structure chimique le rend sujet à la dégradation enzymatique après la mort et à la fragmentation lorsqu’il est exposé à des facteurs tels que la chaleur, l’humidité et les variations de pH.
Certaines conditions peuvent cependant jouer un rôle majeur dans la préservation de l’ARN. Au cours de travaux antérieurs, des chercheurs ont en effet identifié des génomes viraux anciens dans des échantillons humains, offrant un aperçu précieux de l’histoire du rhume.
Avant Homo Sapiens
En ce qui concerne les virus à ARN, notre plus ancienne preuve remonte au 16e siècle. Les restes de ces virus avaient été découverts dans la pulpe dentaire de squelettes humains en France. Cet ARN différait des coronavirus modernes connus, ce qui suggère que ces agents pathogènes historiques pourraient avoir disparu ou avoir évolué au-delà de toute reconnaissance.
En revanche, des restes de virus à ADN comme l’adénovirus humain C, qui peut provoquer des symptômes du rhume, ont été identifiés dans des dents beaucoup plus anciennes. Ces fouilles suggèrent notamment que certains de ces agents existaient il y a des centaines de milliers d’années, peut-être même 700 000 ans, bien avant l’émergence d’Homo sapiens.
À cette époque, nos ancêtres étaient immergés dans un environnement sauvage où la nature régnait en maître. Vivant aux côtés d’animaux des bois et des plaines, nos ancêtres partageaient alors leur quotidien avec une diversité d’espèces, elles-mêmes porteuses de nombreux agents pathogènes, formant ainsi un écosystème complexe.
Dans cet environnement riche en biodiversité, les virus bénéficiaient alors d’un terrain fertile pour se propager. Certains auraient ensuite évolué pour devenir des virus endémiques chez l’Homme, à mesure que nos ancêtres commençaient à vivre dans des environnements plus confinés. Néanmoins, la question de savoir précisément quand ces virus ont évolué pour la première fois interroge encore.

Les recherchent évoluent
Alors que les scientifiques continuent à explorer les mystères du rhume, des approches émergent pour étudier les virus du passé. Les recherches sur les restes humains conservés chimiquement ouvrent notamment de nouvelles perspectives passionnantes. Ces restes humains, collectés au cours des deux derniers siècles et préservés de manière contrôlée dans des établissements médicaux, offrent en effet une opportunité unique de retracer l’histoire récente des virus respiratoires et d’approfondir notre compréhension de ces maladies courantes.
Les techniques d’analyse modernes permettent également désormais aux chercheurs d’extraire et de séquencer l’ARN viral à partir de ces échantillons anciens. Des méthodes telles que la PCR (réaction de polymérisation en chaîne) et le séquençage de nouvelle génération permettent notamment d’identifier et de caractériser les virus présents dans les restes humains, y compris les virus du rhume.
En étudiant ces échantillons d’époque, les chercheurs pourront alors reconstituer l’histoire évolutive des virus respiratoires. Ils pourront notamment étudier la diversité génétique des populations virales et humaines, ainsi que les réponses immunitaires associées. Cela permettra de mieux comprendre comment les virus du rhume ont interagi avec les populations passées et comment ces interactions ont façonné l’épidémiologie des maladies respiratoires.
