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La qualité nutritive des fruits et légumes est-elle vraiement en chute libre ?

Crédits : Pixabay

La pomme est l’exemple le plus souvent utilisé mais la majorité des fruits et légumes issus de l’agriculture intensive sont, depuis quelques années, critiqués pour leur faible apport en nutriments. Or, des experts tendent à affirmer que ce n’est pas totalement le cas.

La qualité nutritionnelle des fruits et légumes est une question épineuse et complexe. À la fin des années 1990, des chercheurs ont évoqué la notion de « calorie vide » arrivée avec l’essor de l’industrialisation de l’agriculture. Sont pointés du doigt la cueillette précoce, la sélection de variétés sur des critères esthétiques ou de rendement, ou encore les processus de transformation.

C’est pour cette raison qu’on a tendance à dire qu’il faudrait manger une centaine de pommes aujourd’hui pour atteindre la qualité nutritive d’une pomme des années 1950. En réalité, ce n’est pas aussi simple que cela.

« La teneur en vitamine C des pommes diffère au moins d’un facteur 10 suivant la variété, l’exposition du fruit, la date de récolte et la durée de conservation… et cela n’a pas changé depuis les années 1950 » explique Catherine Renard directrice de recherche à l’INRA d’Avignon (Institut National de la Recherche Agronomique), des propos recueillis par Science & Vie.

Dans un article pour l’Académie d’agriculture de France publié en 2016, Léon Guéguen, également chercheur à l’INRA, fait état de recherches portant sur 16 aliments représentatifs et indique que « seuls le blé (+ 20 %) et le chou vert (+ 78 %) actuels sont plus riches en protéines, tandis que le haricot vert (– 21 %) et la carotte (– 33 %) en sont plus pauvres. »

Il s’agit de faibles différences mais celles-ci peuvent effectivement être amplifiées par les méthodes de production, ne serait-ce qu’avec la façon de récolter en fonction de la maturité, l’utilisation de fertilisants et les processus de transformation pouvant altérer la formation des nutriments. La façon de conserver les fruits et légumes est également un facteur important car pouvant diminuer leur qualité nutritive.

Diverses astuces existent pourtant telles que privilégier les fruits et légumes de saison, ne pas consommer de produits transformés et limiter la conservation au frigidaire. Si les éléments évoqués plus haut sont effectivement sources de baisse du pouvoir nutritionnel des fruits et légumes, nous sommes tout de même loin, selon les spécialistes, de l’alarmante notion de calorie vide et du déclin vertigineux annoncé.

Sources : Le MondeScience & Vie