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Les pumas du sud de la Californie développent des queues tordues

Crédits : National Park Service

Dans le sud de la Californie, les pumas développent des anomalies physiques associées à un manque de diversité génétique. Certains spécimens développent en effet une extrémité de queue tordue.

Coincés par le réseau routier très dense entourant les montagnes de Santa Monica, les pumas de Los Angeles souffrent de consanguinité. Résultat, ils ont la plus faible diversité génétique de toutes les populations de pumas de l’ouest des États-Unis. Évidemment, ce n’est pas sans conséquence. D’après un récent communiqué du National Park Service, de nombreux spécimens développent en effet des queues pliées en forme de lettre « L », tandis que certains mâles présentent une cryptorchidie, une malformation empêchant les testicules de descendre à l’âge adulte.

Au cours de ces derniers mois, les chercheurs du Santa Monica Mountains National Recreation Area ont observé plusieurs spécimens concernés.

Le premier, P-81, un puma de moins de deux ans évoluant dans la région, a été examiné sous sédation en mars dernier. Il souffrait des deux conditions. Quelques jours plus tard, un autre mâle avec une queue tordue a été repéré à distance près de l’Interstate 405, l’une des principales autoroutes inter-États de Californie du Sud. Pour les chercheurs, il pourrait d’ailleurs s’agir du frère de P-81. Un troisième puma à la queue tordue a également été repéré par la même caméra.

« C’est quelque chose que nous espérions ne jamais voir« , a déclaré Jeff Sikich, biologiste de la faune à la SMMNRA. « Nous savions que la diversité génétique était faible ici, mais c’est la première fois que nous en voyons des preuves physiques. Cette grave découverte souligne la nécessité de prendre des mesures pour mieux soutenir cette population« .

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La queue tordue de P-81. Crédits : Service des parcs nationaux

Relier les populations

Il reste aujourd’hui moins de deux douzaines de pumas dans ces montagnes, selon le Los Angeles Times. Des recherches publiées en 2019 ont estimé à 20% les probabilités d’extinction de ces animaux au cours des cinquante prochaines années en raison de ce goulot d’étranglement génétique.

Le problème, c’est que les pumas ne sont pas une espèce officiellement menacée en Californie dans la mesure où les populations retrouvées dans les montagnes de Santa Monica ne sont pas considérées comme une sous-espèce distincte.

La situation pourrait en revanche bientôt évoluer. Le California Department of Fish and Wildlife examine en effet actuellement le statut de l’espèce en réponse à une pétition soumise par le Center for Biological Diversity et la Mountain Lion Foundation à but non lucratif qui fait valoir que ces populations constituent une « unité évolutive significative » qui devrait être répertoriée comme un État en danger.

Si elle était adoptée, une telle mesure pourrait permettre de limiter la construction d’infrastructures sur des milliers d’hectares. « Les queues tordues de ces lions sont un appel génétique à l’aide. Nous devons leur faciliter la tâche pour se déplacer et trouver des partenaires« , a déclaré Tiffany Yap, biologiste au Center for Biological Diversity, dans le communiqué de presse.

Soulignons qu’un gigantesque pont doit normalement être construit dès 2021 au-dessus de l’autoroute 101, à Agoura Hills. Financée par des donateurs privés et des entreprises, la structure pourra permettre de relier les populations au sud de l’autoroute 101 à celles évoluant plus au nord, notamment dans la forêt nationale de Los Padres.