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Psychologie : la théorie de la vitre brisée fait son retour !

Crédits : Pixabay

La théorie de la vitre brisée était très populaire dans les années 1980 et 1990 aux États-Unis et expliquait certains comportements liés à la délinquance et à la criminalité urbaine. Quelle est cette théorie ?

Cette théorie apparaissant plutôt comme une analogie n’est autre qu’une explication statistique visant établir un fort lien entre le taux de criminalité et les vitres brisées. Plus précisément, il s’agit de comprendre l’augmentation des petites détériorations que subit l’espace public qui impliquent également un délabrement plus général des cadres de vie et la situation des personnes.

L’exemple utilisé est quasiment toujours le même : un édifice comportant une vitre non remplacée de façon immédiate, ce qui laisserait croire à un abandon. Ceci laisse croire que les autres vitres seront également brisées peu de temps après, synonyme de l’amorce d’un cercle vicieux. La théorie explique également que l’espace public détérioré amène généralement plus de criminalité, toujours dans un processus de cercle vicieux.

Détaillée en 1982 dans un article de James Q. Wilson, professeur en science politique à l’université de Californie et de George L. Kelling, professeur de criminologie à l’université de Rutgers (New Jersey), cette théorie sera développée dans un ouvrage en 1996 intitulé Restoring Order and Reducing Crime in Our Communities (restaurer l’ordre et réduire la criminalité dans nos communautés).

La théorie évoque également le rôle de la police comme l’affirme Sebastian Roché, docteur des Universités en Science Politique dans Atlantico :

« Les policiers sont réticents à se mobiliser pour lutter contre les désordres et à effectuer des patrouilles à pied qui permettent de bien connaître les lieux et les habitants : le travail est difficile, il faut rester dehors le soir même quand il pleut et cela diminue la chance de tomber sur une “bonne affaire”, c’est-à-dire l’arrestation d’un “vrai” criminel. Ils rappellent que dans certaines villes, mettre les agents dans la rue était une forme de sanction de leur hiérarchie.

Surtout, les rondes des policiers en voiture ne leur permettent pas de nouer des liens avec la population. Or, dans ce cas, la police ne va pas se mobiliser sur les incivilités et désordres qui gênent la population et favorisent la délinquance. »

La théorie de la vitre brisée préconise donc la prévention et souligne l’importance des liens sociaux, désignant la police comme responsable de ces notions essentielles à la bonne santé d’une ville. Cependant, il s’agit d’une théorie souffrant de vives critiques quant à son manque de preuves scientifiques.

Une étude menée par l’Université de Chicago et parue en 2013 dans le Jounal of Experimental Psychology tentait une approche différente :

« Les psychologues sont intéressés par le fonctionnement du cerveau dans la prise de décision humaine. À partir d’une étude de la façon dont les gens interprètent des images de morceaux d’environnement urbain, ils proposent une nouvelle interprétation : les auteurs de délits ne seraient pas tant influencés par le manque de réaction de la communauté et des autorités de police que par les ‘propriétés perceptuelles’ », poursuit Sebastian Roché.

Retrouvez plus de détails dans l’article paru le 12 décembre dans Atlantico et au sujet de la France avec un dossier de Sébastien Roché paru dans la Revue de sciences politiques française.

Sources : AtlanticoPersée

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