in

La protéine, nouvelle mine d’or de l’industrie agroalimentaire

Crédits iStock

L’évolution des mœurs, des modes, mais aussi des croyances semble nous pousser à manger toujours plus de protéines. Nos besoins ne sont pas si élevés que nous le pensons et l’industrie des suppléments protéinés bat désormais des records.

Il n’existe aujourd’hui probablement pas un seul végétarien qui n’a jamais eu à répondre à cette remarque : « Tu ne dois pas manger assez de protéines ». À l’époque du « sport-santé » et du matraquage « healthy », chacun veut optimiser ses apports en nutriments et notamment en protéines qui sont devenues une véritable obsession.

Pourtant, la protéine est présente dans quasiment tout ce que nous mangeons. Essentielles au bon fonctionnement de notre corps, nos besoins en protéines ne sont pas si élevés qu’on le pense ou que l’on veut nous le faire penser. En moyenne, un homme adulte moyen a besoin de 56 grammes de protéines par jour et il faut 46 grammes à une femme. Une alimentation saine et équilibrée suffit largement à fournir les apports nécessaires.

Cette course à l’alimentation parfaite et l’incompréhension des mécanismes nutritionnels et de perte de poids a hissé la protéine au rang de poule aux œufs d’or de l’industrie agroalimentaire. Selon un rapport publié le lundi 3 avril 2017, le marché des suppléments protéinés (utilisés pour fabriquer des poudres protéinées, des barres énergétiques ou des substituts de repas) atteindra une valeur de 58 milliards de dollars en 2022.

Sauf que nous consommons déjà suffisamment de protéines et désormais, nous tendons à en consommer trop. Aux États-Unis, on en consomme déjà deux fois trop. Cela n’améliore pourtant pas notre santé, parfois bien au contraire, puisque certains produits comme les barres protéinées contiennent autant de sucre qu’une barre chocolatée. « En fait, ce ne sont que des bonbons enrichis en protéines », explique le Dr Yoni Freedhoff, médecin et auteur de ce blog sur la nutrition et l’alimentation au magazine Motherboard.

Sur son blog, il analyse les ingrédients et apports nutritionnels d’un nouveau produit estampillé « healthy » et le compare à des friandises riches en sucres et en graisses. Résultat, les produits sont souvent les mêmes avec des protéines non nécessaires en plus. Selon lui, si l’évolution des modes et des croyances nous poussent à cette surconsommation de protéines.

« Les repas trop faibles en protéines ne fournissent pas une sensation de satiété satisfaisante, c’est vrai. Mais plutôt que de se préoccuper de la quantité de protéines absorbée au quotidien en valeur absolue, il vaut mieux s’assurer que chaque repas contient une proportion de protéines satisfaisante et privilégier les plats et aliments frais plutôt que les immondices en poudre », explique-t-il.