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Dans nos montagnes européennes, protégeons les marmottes

Crédits : Benh Lieu Song / Wikimedia Commons

La marmotte est l’un des plus gros rongeurs d’Europe après le ragondin, le castor et le porc-épic. Faisant partie de la biodiversité ordinaire des montagnes, c’est un animal atypique qu’il faut protéger.

Un hibernant plutôt glouton

La marmotte (Marmota marmota) peut mesurer de 46 à 66 cm pour un poids de 2 à 9 kg. Elle est caractérisée par un corps trapu, des membres courts et puissants et une longue queue. Vivant entre quatre et huit ans en liberté, cet animal est présent dans toute la chaîne alpine européenne et dans les Pyrénées à entre 1 200 et 3 000 m d’altitude. Son alimentation se compose quasiment exclusivement de plantes herbacées. Particulièrement gloutonne, la marmotte peut consommer jusqu’à 500 g de nourriture par jour, une quantité importante par rapport à son poids.

Son hibernation commence à la mi-octobre et se passe sous terre. Durant cette période de six mois, le rythme cardiaque de la marmotte passe de 140 à 4 ou 5 battements par minutes. Sa consommation d’oxygène est alors vingt fois moins importante. Par ailleurs, l’hibernation se déroule dans un terrier d’hiver. Ainsi, il existe également des terriers d’été permettant à l’animal de se reposer et d’élever ses petits.

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Crédits : ImAges ImprObables
/ Flickr

Abondant, mais pas à l’abri de certaines menaces

La marmotte européenne est classée en « préoccupation mineure » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN). Elle n’est donc pas particulièrement en danger, mais elle doit tout de même faire face à plusieurs menaces. En montagne, le réchauffement climatique induit des décalages au niveau des épisodes neigeux et influe sur la présence de végétation, notamment des fleurs. Cela joue malheureusement sur la disponibilité en ressources et peut donc impacter la capacité de la marmotte à engranger suffisamment de nourriture avant l’hibernation.

Particulièrement vulnérables face à certains prédateurs tels que le renard roux, l’aigle royal ou encore le gypaète barbu, les marmottes sont également des animaux aux aguets. Les activités touristiques et sportives sont aussi potentiellement une menace, faisant perdre du temps à l’animal dans sa course à la nourriture avant l’hiver. Le simple fait de détourner leur attention pour les prendre en photo contribue à la réduction de leurs chances de survie. Rappelons tout de même que la marmotte passe au moins la moitié de son temps à la recherche de vivres.

Enfin, les marmottes font partie de la biodiversité ordinaire. Elles sont donc abondantes et participent à l’équilibre de leur écosystème. Pourtant, nombreux sont les experts à préconiser une protection de cette biodiversité ordinaire, justement pour favoriser le maintien des écosystèmes. Ainsi, l’idéal est de tout simplement laisser les marmottes tranquilles et de s’éloigner lorsqu’un ou plusieurs individus se mettent à siffler.