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Une prolifération inquiétante des « zones mortes » dans les océans

Crédits : Pixabay

Les « zones mortes », des régions privées d’oxygène, prolifèrent sur les côtes et en pleine mer. Un phénomène qui s’accélère depuis les années 1960 à cause des pesticides et du réchauffement de climatique.

Les zones mortes (ou zones hypoxiques) sont des régions océaniques où le taux d’oxygène est au plus bas provoquant ainsi l’asphyxie de la faune marine. Seuls subsistent les organismes anaérobies, c’est-à-dire ceux qui se débrouillent sans oxygène. Ce phénomène de désoxygénation est provoqué naturellement par des phénomènes météorologiques extrêmes ou des courants océaniques particuliers et cela a toujours existé. C’est un phénomène dit « naturel », mais qui semble s’amplifier. Au large de l’Inde, dans la baie du Bengale, une « zone morte » de deux fois la superficie de la Belgique est d’ailleurs en train de se développer et inquiète les scientifiques.

En 2003, un rapport de l’ONU estimait à 150 le nombre de zones mortes dans les océans. Cinq ans plus tard, une étude publiée par l’Institut de sciences marines de Virginie en dénombrait plus de 400. L’ampleur semble particulièrement toucher les zones côtières qui s’agrandissent principalement à cause de l’accumulation des nutriments issus de l’agriculture. La pollution industrielle et le déversement des phosphates et des nitrates issus des engrais dans les eaux de ruissellement provoquent en effet une accumulation de matières organiques. Les algues prolifèrent ensuite et se décomposent en microbes qui consument l’oxygène.

Mais les régions côtières ne sont pas les seules concernées. En plein océan, les « zones mortes » prolifèrent également. Ce phénomène serait en partie lié au réchauffement global de la planète. Lorsque la température augmente, l’eau change de densité et les échanges entre les eaux de surface et de profondeur se font moins facilement. La couche de surface n’est alors plus alimentée en oxygène. Le problème, c’est que dans l’océan comme sur Terre, tout est lié. La concentration d’oxygène en forte baisse bouleverse en effet le cycle de l’azote. La perte de cet élément, qui est un nutriment essentiel, affecte directement la production primaire et la chaîne alimentaire marine.

« Nous avons démontré qu’il reste encore des traces d’oxygène dans la baie du Bengale, ce qui permet pour l’instant de limiter les pertes d’azote », explique Laura Bristow, principale auteure de cette étude publiée dans la revue Nature Geoscience. « Mais si ces traces d’oxygène venaient à disparaître, ce qui est très probable au vu des scénarios de changement climatique, alors la perte d’azote s’accélérerait. Nous devons trouver des modèles pour prévoir quels impacts les activités humaines vont avoir sur les cycles de nutriments des océans ».

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